Le Hezbollah met en garde l’État libanais contre une extension de la politique de désarmement (AP)
Le Hezbollah met en garde l’État libanais contre une extension de la politique de désarmement (AP)

Un haut responsable du Hezbollah a averti que toute intensification des efforts de désarmement du mouvement à l’échelle nationale pourrait plonger le Liban dans le chaos, voire provoquer une guerre civile. Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement libanais s’est engagé à placer l’ensemble des armes du pays sous contrôle de l’État, conformément à un accord conclu en 2024 après une guerre dévastatrice avec Israël.

Le Hezbollah soutient toutefois que cet accord ne concerne que le sud du Liban, à proximité de la frontière israélienne, et refuse de renoncer à son arsenal dans le reste du pays. Dans un entretien accordé à la chaîne russe RT, Mahmoud Qmati, haut responsable politique du mouvement, a estimé qu’un monopole étatique sur les armes au nord du fleuve Litani constituerait « le plus grand crime commis par l’État ».

Selon lui, la trajectoire actuelle du gouvernement et des institutions libanaises mènerait à « l’instabilité, au chaos et peut-être même à la guerre civile », tout en assurant que le Hezbollah ne chercherait pas l’affrontement avec l’armée libanaise. Cette prise de position intervient alors que l’armée a récemment annoncé avoir pris le contrôle opérationnel de la zone comprise entre le Litani et la frontière israélienne.

Le gouvernement a demandé à l’armée de présenter début février une stratégie de désarmement pour le reste du territoire. Le Hezbollah conditionne toutefois toute discussion à un retrait total des forces israéliennes de cinq positions qu’elles occupent encore dans le sud du Liban, à la fin des frappes aériennes régulières et à la libération de détenus libanais.

Israël juge pour sa part les efforts de désarmement insuffisants, ce qui accroît la pression sur les autorités libanaises, soucieuses d’éviter une nouvelle escalade. Depuis le déclenchement de la guerre à Gaza en octobre 2023, les échanges de tirs quasi quotidiens le long de la frontière libano-israélienne ont ravivé les tensions, plaçant le Liban face à un équilibre délicat entre stabilité interne et pressions régionales.

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