La reprise économique encore fragile du Sri Lanka risque d’être fortement retardée après le passage dévastateur du cyclone Ditwah, qui a ravagé maisons, routes et cultures essentielles, plongeant davantage de familles dans la pauvreté. Les autorités estiment que les dommages causés pourraient entraîner une facture de reconstruction atteignant jusqu’à 7 milliards de dollars, un poids considérable pour un pays encore meurtri par la pire crise économique qu’il ait connue depuis des décennies.
Le Sri Lanka sortait tout juste d’une profonde crise financière, qui avait culminé en 2022 et doublé le taux de pauvreté, désormais proche de 25 % pour une population de 22 millions d’habitants. Un plan de sauvetage de 2,9 milliards de dollars du FMI avait commencé à stabiliser l’économie, permettant un retour progressif de la croissance, estimée à 4,5 % cette année. Mais les analystes prévoient désormais un ralentissement en 2026, ramenant la croissance autour de 3 % sous l’effet des dégâts laissés par Ditwah.
Le cyclone a gravement affecté des secteurs clés tels que le riz et le thé, piliers de l’économie du pays. Les cultures inondées, les plantations détruites et les infrastructures agricoles endommagées menacent non seulement la sécurité alimentaire, mais aussi les revenus des familles dépendantes de ces activités. Les pertes dans ces industries risquent également de peser lourdement sur les exportations, essentielles pour renflouer les réserves en devises du pays.
Face à l’ampleur des dégâts, un haut responsable sri-lankais a exhorté les organisations multilatérales et les pays donateurs à intervenir pour soutenir les efforts de reconstruction. Il a souligné que sans aide internationale rapide, les progrès récemment accomplis dans la stabilisation de l’économie pourraient être anéantis, aggravant encore la pauvreté et freinant durablement la croissance du pays.