Le Brésil prend en charge l’ambassade du Mexique au Pérou après une rupture diplomatique
Le Brésil prend en charge l’ambassade du Mexique au Pérou après une rupture diplomatique

Le Brésil a annoncé dimanche avoir repris la protection des intérêts diplomatiques du Mexique au Pérou, à la suite d’une grave crise entre Lima et Mexico liée à l’octroi de l’asile à une responsable politique péruvienne.

Dans un communiqué, le ministère brésilien des Affaires étrangères a précisé agir « à la demande du gouvernement mexicain » et « avec le consentement du gouvernement péruvien ». Le Brésil assurera notamment la garde du bâtiment de l’ambassade du Mexique à Lima, de la résidence du chef de mission, ainsi que la protection des biens et des archives diplomatiques.

Le Pérou a rompu ses relations diplomatiques avec le Mexique il y a plus de deux mois pour protester contre la décision de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum d’accorder l’asile à l’ancienne Première ministre péruvienne Betssy Chávez, condamnée à plus de onze ans de prison pour rébellion. Si les diplomates mexicains ont quitté le pays en novembre, les relations consulaires entre les deux États ont toutefois été maintenues.

Un porte-parole du ministère péruvien des Affaires étrangères a confirmé samedi que le Brésil avait officiellement pris en charge l’ambassade mexicaine après coordination avec les autorités locales. Des responsables brésiliens ont également indiqué que le drapeau brésilien flottait sur le bâtiment depuis la veille.

Âgée de 36 ans, Betssy Chávez a obtenu l’asile le 3 novembre et résiderait depuis lors à l’ambassade du Mexique, sous la surveillance de la police péruvienne, prête à l’arrêter si elle quitte les lieux. Elle a été reconnue coupable pour sa participation à la tentative de l’ex-président Pedro Castillo de dissoudre le Congrès le 7 décembre 2022, un épisode qui a conduit à sa destitution et qui s’inscrit dans une longue crise politique au Pérou.

Le Congrès péruvien a déclaré Claudia Sheinbaum persona non grata et qualifié l’asile accordé à Chávez d’ingérence dans les affaires intérieures du pays. Les autorités mexicaines n’ont pas réagi publiquement à cette prise en charge diplomatique par le Brésil.

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