L’Australie va durcir sa législation sur les armes après la tuerie de Bondi
L’Australie va durcir sa législation sur les armes après la tuerie de Bondi

L’Australie s’apprête à adopter un durcissement majeur de sa législation sur les armes à feu, en réaction à la fusillade de Bondi Beach qui a fait 15 morts en décembre, la plus meurtrière qu’ait connue le pays depuis plusieurs décennies.

La Chambre des représentants a adopté mardi un projet de loi prévoyant un programme national de rachat d’armes à feu ainsi qu’un renforcement des contrôles d’antécédents pour l’octroi des permis. Le texte, soutenu par le gouvernement travailliste du Premier ministre Anthony Albanese, a été approuvé par 96 voix contre 45, malgré l’opposition des conservateurs, et doit encore être examiné par le Sénat, où son adoption est attendue avec l’appui des Verts.

Présentant la réforme, le ministre de l’Intérieur Tony Burke a déclaré que l’attaque du 14 décembre à Bondi Beach avait été menée par des personnes animées par « la haine dans le cœur et des armes à la main », soulignant la nécessité d’une réponse gouvernementale globale.

Le programme de rachat envisagé serait le plus important depuis celui mis en place après le massacre de Port Arthur en 1996, qui avait profondément marqué le pays et conduit à une refonte historique des lois sur les armes. Le projet prévoit également des vérifications d’antécédents plus strictes pour les permis délivrés par les États, en s’appuyant notamment sur les informations des services de renseignement.

Selon le gouvernement, l’Australie comptait l’an dernier un nombre record de 4,1 millions d’armes à feu enregistrées, dont plus de 1,1 million dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud, où s’est produite la tuerie. Cet État a déjà adopté des règles plus strictes, limitant le nombre d’armes par personne et raccourcissant la durée de validité des permis.

L’opposition conservatrice libérale-nationale a dénoncé un texte qu’elle juge pénalisant pour les propriétaires légaux d’armes, affirmant que le gouvernement ne s’attaquait pas suffisamment aux causes idéologiques de la violence. Le Parlement débat parallèlement d’un autre projet de loi controversé visant à durcir les sanctions contre les discours haineux, relancé dans le sillage de l’attaque de Bondi.

Pour le gouvernement, la multiplication des armes en circulation constitue désormais un risque majeur pour la sécurité publique, et les événements de Bondi ont rendu, selon ses responsables, une réforme inévitable.

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