À quelques jours de l’ouverture du sommet du G20 à Johannesburg, l’Afrique du Sud et l’Union européenne ont signé un accord majeur visant à renforcer leur coopération dans les minéraux critiques, tout en s’engageant conjointement à défendre le multilatéralisme, la démocratie et les droits de l’homme. L’annonce a été faite lors d’un sommet bilatéral réunissant le président sud-africain Cyril Ramaphosa, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa.
L’accord sur les minéraux critiques intervient dans un contexte de compétition internationale intense pour sécuriser l’accès aux ressources indispensables aux technologies vertes et numériques. L’Union européenne cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui domine encore largement le raffinage et l’approvisionnement mondial en terres rares, en lithium, en cobalt ou encore en manganèse. L’Afrique du Sud, riche en plusieurs de ces minerais stratégiques, y voit une opportunité de consolider ses partenariats économiques tout en attirant davantage d’investissements.
Ce rapprochement survient alors que Pretoria accueille le G20 dans un climat particulier : les États-Unis ont annoncé qu’ils boycotteraient les discussions politiques du sommet, une décision qui renforce la volonté sud-africaine de resserrer ses liens avec d’autres grandes puissances, notamment l’Union européenne et la Chine. Ramaphosa a insisté sur la nécessité de défendre un ordre international fondé sur la coopération et les règles, un message fortement relayé par les dirigeants européens.
L’UE et l’Afrique du Sud ont également souligné leur attachement commun au multilatéralisme, à la démocratie et aux droits humains, à un moment où les tensions géopolitiques et les défis liés à la transition énergétique soulèvent des interrogations sur la gouvernance mondiale. Les deux parties ont affirmé qu’un système international fondé sur des institutions fortes et inclusives était indispensable pour gérer les crises globales, du climat à la sécurité en passant par l’économie.
Cet accord marque une étape importante dans les relations UE–Afrique du Sud et pourrait poser les bases d’une coopération accrue dans les secteurs de l’énergie propre, de l’industrie minière durable et du développement technologique. Alors que Johannesburg s’apprête à accueillir les dirigeants mondiaux — malgré l’absence remarquée des États-Unis — Pretoria espère montrer qu’elle peut jouer un rôle central dans les nouveaux équilibres géopolitiques et économiques.