La Syrie lance son premier procès post-Assad pour les massacres côtiers de mars (AP)
La Syrie lance son premier procès post-Assad pour les massacres côtiers de mars (AP)

Le gouvernement syrien a ouvert mardi à Alep le premier procès lié à la vague de violences meurtrières qui a secoué la côte syrienne en mars dernier, quelques mois après la chute de Bachar al-Assad. Il s’agit d’un événement inédit, présenté comme un symbole de justice dans l’ère post-régime, mais déjà contesté par plusieurs observateurs.

Une douzaine d’accusés, issus à la fois de milices progouvernementales de l’ère Assad et de groupes armés affiliés aux nouvelles autorités, ont comparu devant un tribunal pénal. Ils sont poursuivis pour des faits graves : incitation à la guerre civile, sécession, meurtres avec préméditation et actes de pillage. Certains auraient attaqué des communautés alaouites, d’autres les forces de sécurité, dans un cycle de représailles sanglantes.

Ces violences sont les plus meurtrières depuis la fin du règne Assad en décembre, qui a mis fin à 54 années de domination familiale. En trois jours, près de 1 500 civils alaouites ont été tués, selon une enquête de Reuters, dans un contexte de soulèvements violents orchestrés par d’anciens fidèles d’Assad. Au total, selon les autorités syriennes, environ 300 personnes liées aux nouvelles forces armées et 265 ex-combattants du régime déchu sont visées par des poursuites, bien qu’on ignore le nombre exact de détenus.

Pour le président Ahmed al-Charia, ancien chef rebelle sunnite devenu chef d’État, ce procès marque un tournant. Il promet de rompre avec la culture de l’impunité qui a marqué l’ère Assad. « Les procès ne s’arrêteront pas aux violations côtières », a insisté le vice-ministre de la Justice, Mustafa al-Qassem, évoquant également les crimes du régime précédent.

Mais les critiques ne manquent pas. Des militants syriens dénoncent un procès « politiquement instrumentalisé », sans garanties d’indépendance judiciaire. Les tensions communautaires restent vives, et l’ONU a déjà pointé la possibilité de crimes de guerre commis de part et d’autre.

Reste à savoir si ce procès inaugural ouvrira la voie à une justice réelle et équitable, ou s’il ne sera qu’un épisode symbolique dans une Syrie encore profondément marquée par des années de guerre civile, de divisions communautaires et d’impunité.

Que retenir rapidement ?

Le gouvernement syrien a ouvert mardi à Alep le premier procès lié à la vague de violences meurtrières qui a secoué la côte syrienne en mars dernier, quelq

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