La cote de popularité de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi a reculé dans plusieurs sondages publiés lundi, à l’approche des élections nationales du mois prochain, qu’elle a elle-même présentées comme un verdict sur sa gestion de la quatrième économie mondiale.
Selon une enquête du quotidien Nikkei, le taux de soutien à son gouvernement est passé de 75 % en décembre à 67 %, tombant pour la première fois sous la barre des 70 % depuis son arrivée au pouvoir en octobre. Un sondage distinct de Kyodo News fait état d’un recul à 63 %, contre 68 % précédemment, tandis que le journal Mainichi Shimbun observe une chute de dix points, à 57 %.
En convoquant des élections anticipées pour renouveler les 465 sièges de la Chambre des députés, Sanae Takaichi cherche à capitaliser sur sa popularité personnelle afin d’obtenir un mandat clair pour sa politique budgétaire expansionniste et de renforcer son contrôle sur le Parti libéral-démocrate (PLD). Le PLD et son allié de coalition, le Parti de l’innovation du Japon (Ishin), ne disposent toutefois que d’une majorité d’un seul siège.
Les enquêtes montrent un scepticisme croissant des électeurs à l’égard de son programme économique. D’après le sondage Nikkei, 56 % des personnes interrogées estiment que le plan de relance proposé ne permettra pas d’atténuer la hausse du coût de la vie. Les marchés financiers s’inquiètent par ailleurs de la nécessité d’émettre de nouvelles dettes pour financer ces mesures, ce qui a contribué à une hausse des rendements des obligations d’État japonaises.
La décision de dissoudre la Chambre basse avant même l’adoption d’un budget national record de 793 milliards de dollars a également suscité des critiques de l’opposition, qui y voit un calcul politique. Selon le sondage du Mainichi, près de deux personnes sur cinq se disent mécontentes du calendrier électoral, contre moins d’un tiers qui l’approuvent.
À l’approche du scrutin du 8 février, Sanae Takaichi demeure plus populaire que son propre parti, le PLD étant crédité d’environ 30 % des intentions de vote. Elle a en outre perdu le soutien du Komeito, formation centriste qui a mis fin l’an dernier à son alliance de 26 ans avec le PLD pour se rapprocher du Parti démocrate constitutionnel du Japon, privant la majorité sortante d’un appui décisif dans de nombreuses circonscriptions urbaines.
Selon les analystes, l’issue du scrutin dépendra de la capacité de la Première ministre à transformer sa popularité personnelle en un soutien plus large pour son parti. « Ce sera l’élection la plus imprévisible depuis des années », estime Tobias Harris, fondateur du cabinet Japan Foresight, ajoutant que de nombreux députés du PLD savent que leur avenir politique repose désormais sur Sanae Takaichi.