La police tunisienne a interpellé Chaima Issa, figure emblématique de l’opposition, alors qu’elle participait à une manifestation dans la capitale. Son arrestation intervient au lendemain de la confirmation d’une peine de 20 ans de prison prononcée à son encontre par une cour d’appel.
Chaima Issa fait partie d’un groupe de responsables politiques, d’hommes d’affaires et d’avocats condamnés dans une vaste affaire de complot visant à renverser le président Kaïs Saïed. Les peines annoncées vont de cinq à quarante-cinq ans de prison, et plusieurs accusés sont poursuivis par contumace après avoir quitté le pays.
Ses avocats dénoncent une procédure politique, affirmant que ces condamnations s’inscrivent dans une intensification de la répression menée contre la dissidence depuis que le président s’est arrogé des pouvoirs exceptionnels. Depuis 2021, de nombreuses figures critiques du pouvoir, ainsi que des militants et journalistes, ont été arrêtés ou poursuivis.
Les organisations de défense des droits humains tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs mois, évoquant une dérive autoritaire de l’État tunisien. Elles réclament l’abandon des charges jugées arbitraires contre les opposants et appellent à des garanties judiciaires renforcées dans un climat politique de plus en plus tendu.