La Jamaïque sollicite 9,5 milliards de dollars pour se relever du passage de l’ouragan Melissa (AP)
La Jamaïque sollicite 9,5 milliards de dollars pour se relever du passage de l’ouragan Melissa (AP)

Face à l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Melissa, la Jamaïque appelle la communauté internationale à l’aide. Le pays a estimé à 10 milliards de dollars les pertes liées à la tempête, alors que son fonds de préparation aux catastrophes, constitué sur plusieurs années, ne peut en couvrir que 500 millions. Il reste ainsi un déficit de 9,5 milliards de dollars, que la Jamaïque espère combler par des subventions et des investissements, et non des prêts à taux commerciaux.

Depuis la COP30, qui se tient actuellement à Belém, au Brésil, le ministre jamaïcain de l’Environnement, Matthew Samuda, a exprimé une colère mesurée : « Nous ne venons pas en mendiants. Nous venons en victimes des actions des autres. » Il a souligné que son pays, peu émetteur de gaz à effet de serre, subit pourtant de plein fouet les conséquences du changement climatique provoqué par d’autres.

Melissa a frappé la Jamaïque le 28 octobre avec la puissance d’un ouragan de catégorie 5, provoquant une onde de tempête de plus de 5 mètres, des pluies torrentielles, des glissements de terrain et des inondations. Selon des scientifiques, le réchauffement climatique a rendu cette tempête 30 % plus intense et six fois plus probable à cette période de l’année. L’impact est qualifié de « sismique » : 192 000 bâtiments endommagés, secteurs clés comme le tourisme et l’agriculture paralysés, infrastructures routières et hydrauliques détruites.

Pourtant, la Jamaïque avait pris des mesures préventives : une obligation catastrophe émise par la Banque mondiale a permis de débloquer 150 millions de dollars, et une assurance paramétrique en a ajouté 90 millions. Mais cela reste largement insuffisant face à l’ampleur du désastre.

La COP30 se veut un tournant pour le financement climatique, alors que l’ONU estime à 310 milliards de dollars par an les besoins des pays en développement d’ici 2035. La Jamaïque, qui a longtemps œuvré à redresser ses finances et à approcher une notation de crédit de qualité investissement, redoute de voir ces progrès anéantis en une seule nuit.

« La pandémie n’a pas emporté de ponts ni détruit de routes comme Melissa », a rappelé Samuda. Pour lui, cette tempête devrait être classée en catégorie 6, tant ses effets ont dépassé les normes établies.

Que retenir rapidement ?

Face à l’ampleur des dégâts causés par l’ouragan Melissa, la Jamaïque appelle la communauté internationale à l’aide. Le pays a estimé à 10 milliards de dol

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