Les procureurs hongrois ont inculpé le maire libéral de Budapest, Gergely Karacsony, pour son rôle dans l’organisation d’un rassemblement en faveur des droits des personnes LGBTQ+, ont-ils annoncé mercredi. Le parquet demande l’imposition d’une amende par voie d’ordonnance pénale, sans la tenue d’un procès.
Les poursuites font suite à la marche des fiertés organisée en juin dernier, qui avait réuni des dizaines de milliers de personnes dans les rues de la capitale malgré une interdiction policière. L’événement s’était transformé en l’une des plus importantes manifestations antigouvernementales de ces dernières années contre le Premier ministre nationaliste Viktor Orban.
Selon l’accusation, Gergely Karacsony aurait enfreint la loi en organisant et en dirigeant un rassemblement interdit. Le parquet a précisé avoir proposé au tribunal de sanctionner l’édile par une amende sans procès, une procédure qui permet d’éviter une audience publique si la peine est acceptée.
Le maire avait tenté de contourner l’interdiction en enregistrant la marche des fiertés comme un événement municipal, estimant qu’elle ne nécessitait pas d’autorisation spécifique. La police a néanmoins interdit la manifestation, considérant qu’elle relevait de la législation sur la protection de l’enfance. Malgré cette décision, la marche s’est déroulée sans heurts.
Réagissant à son inculpation, Gergely Karacsony a dénoncé une atteinte aux libertés publiques. « Je suis passé du statut de suspect fier à celui d’accusé fier », a-t-il écrit sur sa page Facebook, affirmant qu’il s’agissait du « prix à payer » pour défendre la liberté individuelle et celle des autres dans le pays.
Depuis une décennie, le gouvernement de Viktor Orban a progressivement restreint les droits de la communauté LGBTQ+. En mars 2025, le Parlement a adopté une loi permettant d’interdire les marches des fiertés au nom de la protection des enfants. Les détracteurs de cette politique y voient un durcissement plus large des libertés démocratiques, à l’approche des élections prévues le 12 avril, un scrutin présenté comme le défi politique le plus sérieux pour Viktor Orban depuis seize ans.