Un tribunal spécial pour la criminalité financière a condamné par contumace la députée britannique Tulip Siddiq à une peine de prison dans une affaire de corruption remontant à son passage au conseil municipal de Dhaka. Selon les procureurs, des terrains publics auraient été attribués illégalement à des particuliers dans le cadre d’un vaste dossier visant plusieurs responsables.
Tulip Siddiq, qui représente la circonscription londonienne de Hampstead and Kilburn, rejette fermement ces accusations et qualifie la procédure de viciée, politisée et « grotesque ». Elle affirme que l’affaire a été instrumentalisée par les autorités bangladaises dans un contexte de tensions croissantes avec la diaspora liée au Parti Awami, dont elle est issue.
Le Parti travailliste britannique a dénoncé l’absence de garanties procédurales dans ce procès mené en son absence. Un porte-parole du parti a indiqué que Siddiq n’avait pas bénéficié d’un traitement équitable et qu’il existait de sérieux doutes quant à l’indépendance de la procédure.
Les procureurs bangladais soutiennent que l’attribution irrégulière des parcelles constitue un détournement de biens publics et affirment avoir respecté toutes les obligations légales pour la convocation de l’élue. Ils précisent que d’autres accusés ont également été condamnés, certains en détention, d’autres en fuite.
Tulip Siddiq, petite-fille de l’ancien président Sheikh Mujibur Rahman et nièce de l’ex-première ministre Sheikh Hasina, a vu cette affaire raviver les critiques récurrentes autour de l’ingérence politique dans les procédures judiciaires au Bangladesh. Ses avocats britanniques étudient les voies de recours internationales.
L’élue, réélue à plusieurs reprises depuis 2015, n’a pas l’intention de démissionner de son siège au Parlement et réitère que les accusations s’inscrivent dans une campagne visant sa famille et ses positions publiques. Une réponse formelle devrait être transmise aux autorités bangladaises dans les prochains jours.