La confrontation économique devient le principal risque mondial, selon le Forum économique mondial
La confrontation économique devient le principal risque mondial, selon le Forum économique mondial

La confrontation économique entre les États est désormais perçue comme le principal risque mondial, devant les conflits armés, selon l’enquête annuelle sur la perception des risques publiée par le Forum économique mondial. Cette étude, fondée sur les réponses de plus de 1 300 experts et dirigeants à travers le monde, marque un changement notable dans les inquiétudes dominantes de la communauté internationale.

Selon le rapport, la montée des tensions commerciales, l’augmentation des droits de douane, les restrictions sur les investissements étrangers et le contrôle accru des chaînes d’approvisionnement, notamment pour les minéraux critiques, illustrent une nouvelle ère de « confrontation géoéconomique ». Ces outils de politique économique sont de plus en plus perçus comme des instruments de pression stratégique plutôt que comme des leviers de coopération internationale.

Saadia Zahidi, directrice générale du Forum, a expliqué que ce basculement reflète un monde où les rivalités économiques structurent désormais les relations internationales autant, voire plus, que les affrontements militaires. Cette tendance est notamment accentuée par les politiques protectionnistes et par la rivalité stratégique entre grandes puissances économiques.

L’enquête montre également un recul relatif des risques environnementaux dans les préoccupations à court terme. Les phénomènes météorologiques extrêmes, la pollution ou la perte de biodiversité restent importants, mais sont désormais dépassés, sur un horizon de deux ans, par les enjeux géopolitiques et technologiques. En revanche, sur une perspective de dix ans, ces risques environnementaux figurent toujours parmi les menaces les plus graves pour la planète.

Autre enseignement marquant : les inquiétudes liées à l’intelligence artificielle progressent fortement à long terme. Les experts redoutent en particulier les effets d’une gouvernance insuffisante de l’IA sur l’emploi, la cohésion sociale, la santé mentale et son utilisation croissante dans les conflits.

Ces conclusions seront au cœur des discussions du prochain sommet annuel du Forum à Davos, où dirigeants politiques, chefs d’entreprise et représentants de la société civile tenteront d’identifier des pistes pour réduire les tensions économiques et renforcer la coopération internationale dans un contexte mondial de plus en plus fragmenté.

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