Israël accélère les procédures d’expulsion de familles palestiniennes à Jérusalem-Est, en particulier dans le quartier de Silwan, situé au sud de l’esplanade des Mosquées. Selon des habitants et des documents judiciaires consultés par Reuters, des dizaines de familles ont reçu des ordres de quitter leurs logements au profit d’organisations de colons israéliens déjà présentes dans la zone.
À Silwan, des immeubles arborant des drapeaux israéliens se sont multipliés au fil des années, signe de l’implantation progressive de colons. Des résidents palestiniens affirment que ces acquisitions se font par le biais de procédures judiciaires qu’ils jugent iniques ou sous la pression d’expulsions forcées. Certains disent avoir refusé des offres financières destinées à les convaincre de partir.
Les ordres d’évacuation s’appuient sur des décisions de justice israéliennes, dont certaines émanent de la Cour suprême. Des organisations de colons, comme Ateret Cohanim, affirment que les terrains appartenaient à des communautés juives avant 1929 et que leur reprise constitue une réparation historique. Les familles palestiniennes concernées contestent ces affirmations et soutiennent détenir des titres de propriété valides.
Jérusalem-Est, occupée par Israël depuis 1967, est revendiquée par les Palestiniens comme capitale d’un futur État. Ils estiment que ces expulsions compromettent définitivement la solution à deux États. Le gouvernement israélien considère Jérusalem comme sa capitale indivisible, un statut qui n’est pas reconnu par la communauté internationale, et soutient que la colonisation répond à des impératifs de sécurité.
Les tensions se sont accrues depuis l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023 et la guerre à Gaza qui a suivi. Des ONG et des responsables palestiniens font état d’une hausse des violences de colons et d’opérations policières dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est.
Silwan demeure un point particulièrement sensible en raison de sa proximité avec la mosquée Al-Aqsa Mosque, l’un des lieux saints de l’islam. Les résidents menacés d’expulsion affirment ne pas savoir où se reloger dans une ville où les loyers sont élevés et les alternatives rares, craignant que des familles entières ne se retrouvent sans abri.