Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Budapest pour dénoncer un scandale d’abus sexuels et de violences physiques sur des mineurs, appelant à la démission du Premier ministre Viktor Orban. Le cortège, mené par Peter Magyar, chef du parti d’opposition Tisza, a convergé vers les bureaux du chef du gouvernement dans un climat de colère et d’indignation.
Bravant le froid hivernal, les manifestants ont défilé derrière une banderole proclamant « Protégez les enfants ! ». Beaucoup portaient des peluches et des torches en signe de solidarité avec les victimes, dans une affaire qui remonte à plusieurs années mais qui a récemment ravivé l’émotion dans l’opinion publique hongroise.
Le scandale concerne des violences et abus présumés commis dans un centre de détention pour mineurs de Budapest. Le parquet a indiqué cette semaine que sept personnes avaient été placées en détention dans le cadre de l’enquête en cours, soulignant la gravité des faits reprochés et l’ampleur des dysfonctionnements au sein de l’institution concernée.
S’exprimant devant les manifestants, Peter Magyar a directement mis en cause le Premier ministre, estimant que le scandale révélait l’échec moral et politique du pouvoir en place. Il a exhorté Viktor Orban, au pouvoir depuis plus d’une décennie, à assumer ses responsabilités et à quitter ses fonctions.
Cette mobilisation marque l’une des plus fortes protestations publiques liées à une affaire de protection de l’enfance en Hongrie ces dernières années. Elle intervient dans un contexte politique tendu, alors que le gouvernement Orban est régulièrement critiqué par l’opposition et des organisations internationales pour son fonctionnement institutionnel et son rapport à l’État de droit.
Si le gouvernement n’a pas immédiatement réagi à la manifestation, la pression politique s’intensifie à mesure que l’enquête judiciaire progresse. Pour de nombreux manifestants, au-delà des responsabilités individuelles, c’est l’ensemble du système de protection des mineurs et la capacité des autorités à prévenir de tels abus qui sont désormais en cause.