Une entreprise gazaouie exploitant plusieurs usines de dessalement desservant près de la moitié de la population de l’enclave a annoncé mardi la reprise complète de ses activités, après la libération d’un employé détenu la veille par les forces de sécurité du Hamas. Dans un communiqué, la société Abdul Salam Yassin, qui fournit de l’eau potable à plus d’un million d’habitants, a indiqué que le membre du personnel était « en bonne santé et allait bien » et que la suspension temporaire du service résultait d’un « malentendu ».
L’entreprise, qui a présenté ses excuses pour les perturbations, a également réaffirmé son respect envers les autorités dirigées par le Hamas à Gaza. Si les responsables du mouvement islamiste n’ont pas commenté officiellement cette arrestation, une source interne a confirmé mercredi que l’employé avait été libéré, sans donner de précisions sur les motifs de sa détention. Le Hamas a progressivement rétabli son contrôle dans plusieurs zones évacuées par l’armée israélienne depuis la mise en œuvre du cessez-le-feu conclu le 10 octobre, alors que les discussions sur l’avenir politique du territoire se poursuivent.
Depuis le début de la guerre déclenchée par l’attaque du Hamas en octobre 2023, Israël a coupé l’ensemble des livraisons d’eau et d’électricité à Gaza, avant d’assouplir partiellement son blocus. La quasi-totalité des infrastructures hydrauliques et sanitaires a été endommagée ou détruite. Le pompage de l’eau souterraine dépend désormais de générateurs fonctionnant au carburant un produit devenu extrêmement rare en raison des restrictions imposées par Israël, invoquant le risque de détournement au profit du Hamas.
Dans ce contexte, l’activité de la société Abdul Salam Yassin reste vitale : elle possède trois grandes usines de dessalement, 80 installations plus petites et gère plus de 70 camions de distribution sillonnant la bande de Gaza. Alors que l’eau potable est devenue un bien extrêmement rare pour les habitants, la reprise de ses opérations représente un soulagement majeur pour une population déjà frappée par des pénuries chroniques.
Le futur statut de Gaza demeure incertain. Le plan en 20 points présenté par le président américain Donald Trump prévoit un désarmement complet du Hamas et son retrait de toute forme de gouvernance, mais ne définit pas encore clairement qui administrera l’enclave à long terme. Le mouvement islamiste a répété qu’il ne rendrait pas les armes tant qu’un État palestinien ne serait pas établi, tandis que l’armée israélienne maintient sa présence sur environ la moitié du territoire côtier.