Une confusion totale régnait jeudi à Charlotte, en Caroline du Nord, au sujet d’une vaste opération visant des migrants en situation irrégulière. Alors que le bureau du shérif du comté de Mecklenburg affirmait que la police fédérale des frontières avait mis fin à son intervention, le département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a démenti catégoriquement, assurant que l’opération se poursuivait.
Charlotte est la dernière grande ville démocrate à être ciblée par les expulsions massives mises en œuvre par l’administration Trump. Depuis plusieurs mois, des raids agressifs sont menés dans des villes comme Los Angeles, Chicago ou Washington pour appréhender des migrants soupçonnés de séjour illégal. À Charlotte, ces actions ont déclenché plusieurs manifestations, dont une grève d’élèves du lycée East Mecklenburg. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent notamment des agents masqués brisant la vitre d’une camionnette pour en extraire un homme.
Le shérif Garry McFadden a déclaré jeudi que des responsables fédéraux avaient confirmé la fin de l’opération baptisée « Charlotte’s Web ». Il a précisé que, malgré cela, l’ICE continuerait de mener ses activités habituelles dans le comté. Quelques heures plus tard, Tricia McLaughlin, porte-parole adjointe du DHS, a démenti cette version dans un courriel à Reuters, affirmant que l’opération n’était « pas terminée » et « ne prendrait pas fin de sitôt ». Confronté à ces déclarations contradictoires, le bureau du shérif a maintenu sa position initiale.
Le DHS justifie ces raids par le refus des autorités locales de coopérer avec les demandes de détention émanant de l’immigration. Selon l’agence fédérale, environ 370 arrestations ont été effectuées dans la région de Charlotte au cours des cinq derniers jours. Les opérations ont également été étendues à Raleigh, à plus de 200 kilomètres au nord-est.
Ce climat de tension a des répercussions directes sur la population locale. Plusieurs commerces appartenant à des Latino-Américains ont fermé leurs portes et sont restés clos toute la semaine, par crainte des raids. Charlotte, qui compte près d’un million d’habitants et connaît une croissance rapide grâce aux secteurs de la finance, des technologies et de la logistique, voit ainsi sa vie quotidienne perturbée.
Alors que les autorités locales et fédérales persistent dans leurs versions contradictoires, l’incertitude demeure pour les habitants – en particulier pour les migrants, qui vivent désormais dans la crainte constante des interventions fédérales.