Fitch prudent sur l’impact d’un éventuel soutien américain à la Hongrie - incertitudes persistantes malgré un accès stable aux marchés
Fitch prudent sur l’impact d’un éventuel soutien américain à la Hongrie - incertitudes persistantes malgré un accès stable aux marchés

L’agence de notation Fitch a estimé lundi qu’il était difficile d’évaluer les effets d’un éventuel soutien financier américain sur la note souveraine de la Hongrie, en l’absence de détails concrets sur la nature, le calendrier et les conditions de ce plan. Selon Erich Arispe, responsable des notations souveraines des pays émergents d’Europe chez Fitch, un tel soutien pourrait constituer un filet de sécurité utile, mais il ne semble pas indispensable pour l’instant, au vu de la situation actuelle du pays sur les marchés.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, actuellement en campagne dans la perspective d’élections particulièrement serrées en 2026, a affirmé avoir obtenu un accord de principe avec le président américain Donald Trump début novembre, prévoyant une aide financière potentielle de 10 à 20 milliards de dollars. Cet accord ferait suite à une exemption d’un an des sanctions liées aux achats d’énergie russe. La Maison Blanche n’a pour l’heure pas confirmé cette information, et Fitch attend des éléments plus précis avant d’envisager un quelconque impact positif sur la notation de la Hongrie.

« Il est difficile de prendre en compte quelque chose dont on ignore comment et quand il pourra être déployé », a souligné Arispe dans une interview. Il a également mis en garde contre d’éventuelles « exigences politiques » qui pourraient être associées à ce type d’assistance, la rendant moins prévisible ou stable en cas de besoin.

D’un point de vue économique, la Hongrie conserve pour l’instant un accès fluide aux financements extérieurs. Fitch estime donc que le soutien américain potentiel n’est pas crucial à ce stade. En revanche, la hausse inattendue des prévisions de déficit budgétaire – désormais à 5 % du PIB pour 2025 et 2026 – pourrait susciter une vigilance accrue. Ce dérapage, légèrement supérieur aux prévisions de Fitch (4,6 %), est attribué à des mesures populistes engagées par Orban, comme des baisses d’impôts et des hausses de salaires destinées à renforcer son socle électoral.

Malgré cette dérive budgétaire, les fondamentaux de la Hongrie justifient encore sa note actuelle de BBB avec perspective stable, selon Fitch. Le pays affiche un ratio dette/PIB de 72 %, supérieur à la médiane de 58 % pour les autres pays notés BBB, mais son déficit primaire reste sous la barre des 1 % du PIB. « Il ne s’agit pas d’un seuil précis à atteindre, mais plutôt de l’évolution de la trajectoire de la dette et des risques budgétaires accumulés », a précisé Arispe.

La dynamique budgétaire de la Hongrie restera donc un point d’attention pour les agences de notation dans les mois à venir, tout comme les relations de Budapest avec ses partenaires internationaux, alors que le pays tente de conjuguer ambitions électorales, dépendance énergétique et incertitudes géopolitiques.

Que retenir rapidement ?

L’agence de notation Fitch a estimé lundi qu’il était difficile d’évaluer les effets d’un éventuel soutien financier américain sur la note souveraine de la

Partager