Face aux tensions avec la Chine, le Japon demande à ses pêcheurs d’éviter les îles contestées AP
Face aux tensions avec la Chine, le Japon demande à ses pêcheurs d’éviter les îles contestées

Le gouvernement japonais a discrètement demandé à ses pêcheurs d’éviter les zones entourant les îles Senkaku, un archipel inhabité administré par le Japon mais revendiqué par la Chine, afin de réduire les risques d’incident diplomatique ou militaire, selon plusieurs sources citées par Reuters.

Ces îlots, appelés Diaoyu par Pékin, constituent depuis des années un point de friction majeur entre Tokyo et la Chine. Des pêcheurs japonais, parfois soutenus par des groupes nationalistes, s’y rendaient régulièrement pour pêcher, une activité perçue par certains comme une manière d’affirmer la souveraineté japonaise. Mais depuis la fin de l’année dernière, des responsables ont commencé à les exhorter à éviter la zone, craignant qu’un accrochage avec les garde-côtes chinois ne dégénère.

Cette inflexion intervient dans un contexte de relations déjà dégradées entre le Japon et la Chine, notamment après des déclarations de responsables japonais sur Taïwan qui ont suscité la colère de Pékin. La Chine a renforcé ces dernières années sa présence maritime autour des îles, avec des navires de ses garde-côtes observés dans la zone un nombre record de jours l’an dernier.

À Tokyo, les autorités refusent de commenter officiellement ces consignes, tout en réaffirmant que les îles font partie intégrante du territoire japonais. Des responsables locaux estiment toutefois qu’un incident impliquant des pêcheurs pourrait rapidement devenir un problème international majeur.

Les États-Unis, allié clé du Japon en matière de sécurité, ont rappelé leur opposition à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo en mer de Chine orientale et se sont engagés à défendre le Japon en cas de conflit autour des îles.

Pour Tokyo, le dilemme est délicat : maintenir une présence civile afin d’appuyer ses revendications territoriales, tout en évitant une escalade avec Pékin dans une région où les tensions sont déjà élevées.

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