« Est-ce que ça me donnera un emploi ? » - au Népal, les promesses électorales peinent à freiner l’exode massif des jeunes (AP)
« Est-ce que ça me donnera un emploi ? » - au Népal, les promesses électorales peinent à freiner l’exode massif des jeunes (AP)

À quelques jours des élections législatives du 5 mars, déclenchées par des manifestations historiques menées par la jeunesse, les principaux partis politiques népalais promettent la création de plus d’un million d’emplois. Mais pour de nombreux jeunes, ces engagements ne suffisent plus à enrayer un exode massif vers l’étranger.

Dans un centre de formation à Katmandou, Rahul Pariyar, 21 ans, s’entraîne aux travaux en hauteur, compétences qu’il compte utiliser aux Émirats arabes unis. « Je n’ai aucune envie de quitter ma famille pour aller travailler à l’étranger. Mais que faire ? », confie-t-il. À Dubaï, explique-t-il, les salaires sont environ quatre fois plus élevés qu’au Népal.

Le pays himalayen de 30 millions d’habitants, coincé entre la Chine et l’Inde, affiche le taux de chômage des jeunes le plus élevé de la région, selon la Banque mondiale. D’après un groupe de défense des travailleurs, environ 1 500 jeunes quittent chaque jour le Népal pour chercher un emploi à l’étranger.

Les élections ont été convoquées après une vague de manifestations alimentées par le chômage et la corruption endémique, qui ont conduit à la démission d’un Premier ministre élu. Les partis rivalisent désormais de promesses pour stimuler la croissance et offrir des perspectives aux jeunes générations.

Mais sur le terrain, la défiance est palpable. « Je ne suis pas intéressé par les prochaines élections. Elles ne me permettent pas de payer mon salaire », affirme Rahul Pariyar. Pour beaucoup, la question reste simple : les engagements politiques se traduiront-ils par des emplois concrets, ou l’exode restera-t-il la seule option viable ?

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