En Iran, de nouvelles manifestations étudiantes éclatent lors de cérémonies de deuil (AP)
En Iran, de nouvelles manifestations étudiantes éclatent lors de cérémonies de deuil (AP)

De nouvelles manifestations antigouvernementales ont éclaté en Iran, ont indiqué dimanche des témoins, alors que des étudiants ont protesté à Téhéran et dans une autre grande ville lors de cérémonies marquant les 40 jours de deuil pour des milliers de personnes tuées lors de la répression des précédentes manifestations nationales.

L’agence de presse officielle iranienne a rapporté que des rassemblements avaient eu lieu dans cinq universités de la capitale, Téhéran, ainsi que dans une université de Mashhad. Ces protestations dispersées ont débuté samedi, à la suite des cérémonies organisées pour commémorer les personnes tuées début janvier lors de manifestations antigouvernementales. Selon des militants, la plupart des victimes auraient péri autour des 8 et 9 janvier.

Le gouvernement iranien n’a pas commenté ces nouvelles mobilisations. Ces derniers jours, de nombreux Iraniens ont participé à des cérémonies traditionnelles marquant la fin de la période de deuil de 40 jours. Les précédentes manifestations avaient été réprimées par ce que des observateurs qualifient de répression la plus meurtrière sous le règne du guide suprême, Ali Khamenei. Des milliers de personnes auraient été tuées et des dizaines de milliers arrêtées.

Si la répression a mis fin aux manifestations de grande ampleur, des rassemblements plus modestes continuent d’avoir lieu, selon des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Certaines publications en ligne affirment que les forces de sécurité ont tenté d’empêcher la participation aux cérémonies commémoratives. Lors de la révolution islamique de 1979, les cérémonies de deuil à 40 jours avaient déjà servi de catalyseur à de nouveaux rassemblements, créant un cycle de protestations et de répression.

Selon l’agence Human Rights Activists News Agency, basée aux États-Unis, au moins 7 015 personnes auraient été tuées lors des précédentes manifestations et de la répression, dont 214 membres des forces gouvernementales. Le gouvernement iranien a avancé, le 21 janvier, un bilan officiel de 3 117 morts. L’Associated Press indique ne pas être en mesure de vérifier de manière indépendante ces chiffres, les autorités ayant restreint l’accès à Internet et aux communications internationales.

Ces nouvelles tensions interviennent alors que l’Iran se prépare à l’éventualité d’une attaque américaine. Le président Donald Trump a averti vendredi que des frappes limitées restaient possibles, tandis que le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a indiqué que Téhéran espérait présenter prochainement une proposition d’accord à l’issue de discussions indirectes sur le nucléaire. Le déploiement accru de navires et d’avions américains au Moyen-Orient, notamment autour du porte-avions USS Gerald R. Ford, renforce la capacité d’action de Washington sans pour autant garantir une frappe imminente.

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