En Guinée-Bissau, Embalo entame une campagne de réélection sous haute pression après cinq ans d’instabilité (AP)
En Guinée-Bissau, Embalo entame une campagne de réélection sous haute pression après cinq ans d’instabilité (AP)

À l’approche de l’élection présidentielle du 23 novembre, le président sortant de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, entame une campagne de réélection difficile après un premier mandat marqué par les tensions politiques, les accusations de dérive autoritaire et une fragilité institutionnelle persistante. Son principal rival, l’ancien Premier ministre Domingos Simões Pereira — surnommé « Dias » — attire des foules importantes et apparaît comme un concurrent sérieux en mesure de capitaliser sur le mécontentement populaire.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2020, Embalo est accusé par ses détracteurs d’avoir sapé les institutions nationales, notamment en interférant avec le Parlement et en concentrant davantage de pouvoirs entre les mains de l’exécutif. Ses opposants dénoncent une gouvernance instable, ponctuée de crises et d’épisodes de violence politique, dans un pays coutumier des coups d’État et des changements de régime brutaux.

La Guinée-Bissau reste par ailleurs un point de transit majeur pour la cocaïne sud-américaine destinée à l’Europe, un facteur aggravant dans les tensions politiques et sécuritaires du pays. Les réseaux criminels, les rivalités internes et le manque chronique de ressources publiques compliquent la tâche des autorités pour stabiliser la situation, malgré les promesses répétées d’Embalo de renforcer l’État de droit.

Domingos Simões Pereira, figure influente du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), mène une campagne dynamique et bénéficie d’un soutien grandissant des électeurs qui reprochent à Embalo l’absence de progrès tangibles au cours de son mandat. Les rassemblements massifs organisés par son équipe témoignent d’un désir de changement dans une partie de la population.

Alors que le pays se prépare à un scrutin sous haute tension, de nombreux observateurs redoutent un climat politique volatil, dans un État où les transitions démocratiques ont souvent été contestées. La capacité d’Embalo à convaincre qu’il peut garantir la stabilité, réformer les institutions et lutter efficacement contre le crime organisé pourrait être déterminante dans l’issue du vote.

Que retenir rapidement ?

À l’approche de l’élection présidentielle du 23 novembre, le président sortant de Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo, entame une campagne de réélection di

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