En Birmanie, la junte peine à transformer la guerre civile en victoire électorale (AP)
En Birmanie, la junte peine à transformer la guerre civile en victoire électorale (AP)

Près de cinq ans après le coup d’État de 2021, la junte militaire birmane tente de passer des champs de bataille aux urnes, mais ses chances de succès apparaissent limitées, selon des analystes et des opposants. Les élections générales prévues dimanche se déroulent dans un pays toujours ravagé par la guerre civile, où de vastes zones échappent au contrôle de l’armée.

Depuis une base militaire, le chef de la junte Min Aung Hlaing a récemment indiqué le type de candidats qu’il souhaite voir élus. Selon les médias d’État, il a exhorté les électeurs à soutenir des personnalités capables de coopérer avec le Tatmadaw, soulignant ainsi la volonté des généraux de conserver la main sur le pouvoir politique.

Ces déclarations illustrent la stratégie de la junte, qui cherche à utiliser le processus électoral pour consolider son autorité après avoir échoué à écraser la résistance armée. Depuis le putsch ayant renversé le gouvernement civil, les combats opposant l’armée aux groupes rebelles et aux forces prodémocratie ont plongé le pays dans un conflit prolongé.

Les élections ne pourront toutefois pas se tenir à l’échelle nationale en raison des affrontements en cours. Dans de nombreuses régions, l’insécurité empêche l’organisation du scrutin, ce qui remet en cause sa crédibilité et son caractère représentatif. Les critiques dénoncent un vote conçu pour maintenir les militaires au pouvoir plutôt que pour refléter la volonté populaire.

À l’étranger, des manifestations dénonçant ces élections ont eu lieu, notamment au Japon, où des membres de la diaspora birmane ont appelé à la libération de l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi et de tous les prisonniers politiques. Pour l’opposition, le scrutin ne peut être ni libre ni équitable tant que les figures civiles restent emprisonnées et que la répression se poursuit.

Les observateurs estiment que la junte cherche à obtenir une façade de légitimité internationale, malgré le rejet persistant du processus électoral par une large partie de la population. L’absence de concurrence réelle et les restrictions imposées aux partis d’opposition alimentent les accusations de manipulation.

Dans ce contexte, le passage annoncé de la junte des armes aux urnes apparaît incertain. Alors que les combats continuent et que la défiance demeure profonde, beaucoup doutent que ces élections puissent mettre fin à la crise politique ou offrir une issue durable au conflit qui secoue la Birmanie depuis plusieurs années.

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