Disparu depuis douze jours, un marin retrouvé sain et sauf au large de l’Algérie
Disparu depuis douze jours, un marin retrouvé sain et sauf au large de l’Algérie

Pendant près de deux semaines, son voilier avait disparu des écrans radar et son sort paraissait scellé. Pourtant, contre toute attente, un marin espagnol de 69 ans a été retrouvé vivant, en bonne santé et à plusieurs centaines de kilomètres de sa route initiale, mettant fin à une longue période d’angoisse pour ses proches et pour les secours mobilisés en Méditerranée occidentale. L’homme, porté disparu depuis le 15 janvier, a été localisé dans les eaux algériennes avant d’être pris en charge par un navire marchand.

Le skipper avait quitté le port de Gandia, sur la côte valencienne, avec l’objectif de rallier Guardamar del Segura, plus au sud. Un trajet côtier classique, sans difficulté particulière signalée au départ. Lors de son dernier échange téléphonique avec son épouse, il indiquait naviguer au large de Benidorm. Puis, le silence. Dès le lendemain, face à l’absence de nouvelles, la disparition est signalée aux autorités espagnoles, déclenchant les premières recherches.

Dans la soirée du 16 janvier, un bref contact est établi avec les services d’urgence. Le marin parvient à joindre le numéro d’appel espagnol, signalant une panne de batterie moteur et l’imminence de l’extinction de son téléphone. Il précise avoir mouillé l’ancre pour limiter la dérive et disposer à bord de l’équipement de sécurité nécessaire. L’appel s’interrompt toutefois avant qu’il ne puisse communiquer une position exploitable. À partir de ce moment, plus aucun signal ne sera reçu.

Des recherches étendues bien au-delà des côtes espagnoles

Les opérations de secours s’organisent rapidement autour de la zone supposée de disparition. Les premières patrouilles se concentrent au large de Benidorm, avant d’être élargies progressivement vers le sud, jusqu’aux côtes murciennes. Les moyens déployés montent en puissance au fil des jours, associant unités maritimes, aériennes et équipes spécialisées. Un avion de sauvetage en mer est engagé, en coordination avec la Guardia Civil et des organisations humanitaires.

Malgré cette mobilisation, les jours passent sans résultat. Après une semaine de recherches infructueuses, l’hypothèse d’une dérive prolongée commence à s’imposer. Les autorités redoutent alors que le voilier ait été emporté bien au-delà de la zone initialement couverte, rendant les chances de retrouver le skipper vivant de plus en plus faibles.

C’est finalement un appareil de l’agence européenne Frontex qui permet de débloquer la situation. Lors d’une mission de surveillance, l’avion repère un voilier de neuf mètres dérivant dans la zone maritime relevant de la responsabilité algérienne. L’embarcation se trouve à environ 85 kilomètres au nord-ouest de Béjaïa, soit près de 500 kilomètres de Benidorm, un écart qui illustre l’ampleur de la dérive subie en douze jours.

À bord, le marin est retrouvé vivant, affaibli par la fatigue mais sans blessure grave apparente. Son état de santé est jugé satisfaisant compte tenu des circonstances, une situation qualifiée d’exceptionnelle par les intervenants.

Une prise en charge rapide et un retour imminent

Après la localisation du voilier, un navire marchand, le Thor Confidence, est dérouté pour procéder à la récupération du rescapé. Le marin est pris en charge en mer, son voilier étant également sécurisé. Cette intervention met fin à une odyssée maritime qui semblait devoir se conclure tragiquement.

Le sexagénaire doit être débarqué au port d’Algésiras, en Andalousie, marquant la fin officielle de l’épisode. Les autorités espagnoles saluent la coordination internationale ayant permis ce dénouement, soulignant le rôle décisif de la surveillance aérienne européenne et la coopération entre services nationaux.

Cet épisode rappelle la dangerosité persistante de la navigation en solitaire, même sur des parcours réputés familiers, et l’importance des dispositifs de sécurité et de recherche en Méditerranée. Pour les proches du marin, il s’agit avant tout d’un soulagement après douze jours d’incertitude, et d’un dénouement que peu imaginaient encore possible.

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