Des milliers de manifestants se sont mobilisés samedi dans la ville allemande de Giessen, où le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne s’apprêtait à lancer sa nouvelle organisation de jeunesse lors d’un congrès fondateur. Dès les premières heures, plusieurs groupes ont tenté de bloquer les routes autour du centre-ville, poussant la police à intervenir. Les forces de l’ordre ont indiqué avoir utilisé du gaz poivre après des jets de pierres à un endroit.
La nouvelle structure doit être créée lors d’une réunion au centre des congrès de Giessen. Elle succédera à l’ancienne Jeune Alternative, un groupe largement autonome dont les liens avec le parti étaient relativement distendus, et qui a été dissous fin mars après la décision de l’AfD de rompre officiellement avec elle. Le parti souhaite désormais exercer un contrôle plus étroit sur la nouvelle entité, qui devrait être baptisée Generation Germany.
Alternative pour l’Allemagne, formation anti-immigration devenue premier parti d’opposition après avoir terminé deuxième aux élections fédérales de février avec plus de 20 % des voix, voit sa popularité progresser encore dans les sondages, sur fond de désillusion envers la coalition menée par le chancelier Friedrich Merz. Le positionnement anti-establishment du parti continue de séduire une partie de l’électorat.
Les services de renseignement intérieur avaient conclu que la Jeune Alternative constituait un groupe d’extrême droite avéré. Ils avaient ensuite appliqué cette même classification au parti lui-même, avant de suspendre la mesure après un recours en justice de l’AfD. En Allemagne, il est habituel que les partis disposent d’organisations de jeunesse, souvent plus radicales que leur formation mère.
L’AfD doit en partie son ascension à la colère suscitée par l’arrivée massive de migrants au milieu des années 2010, et la limitation de l’immigration reste son thème central. Mais le parti a également montré sa capacité à capitaliser sur d’autres mécontentements, alimentant son image de force protestataire dans un climat de défiance croissante envers les responsables politiques.