Des milliers de Grecs ont marché dans les rues d’Athènes lundi pour célébrer l’anniversaire du soulèvement étudiant du 17 novembre 1973 contre la junte militaire, événement charnière ayant précipité la chute de la dictature des colonels en Grèce.
Cette commémoration annuelle se conclut traditionnellement par une marche jusqu’à l’ambassade des États-Unis, perçue par une partie des Grecs comme ayant soutenu la dictature militaire entre 1967 et 1974. Elle constitue aussi un terrain d’expression pour diverses revendications sociales et politiques contemporaines.
En tête du cortège, des étudiants de l’École polytechnique d’Athènes ont porté un drapeau grec taché de sang, symbole emblématique du soulèvement réprimé en 1973. Devant le Parlement, ils ont observé une pause symbolique en chantant l’hymne national en hommage aux victimes de la catastrophe ferroviaire de 2023, qui reste un traumatisme national.
Devant l’ambassade américaine, protégée par des bus de police, des manifestants brandissaient des œillets rouges et des pancartes proclamant « Résistance ». Certains scandaient également des slogans de solidarité avec le peuple palestinien, reliant les combats du passé aux luttes actuelles.
Niki Steinhauer, 21 ans, a déclaré : « Il y a cinquante-deux ans, des gens ont sacrifié leur vie pour que nous puissions aujourd’hui profiter de tous ces droits. » Elle a dénoncé, entre autres, une nouvelle législation sur l’extension du temps de travail dans le privé, estimant que « le message du Polytechnique est plus pertinent que jamais ».
En amont du rassemblement, plus de 5 000 policiers avaient été déployés dans la capitale. Trente interpellations préventives ont eu lieu, selon la police, et onze personnes ont été arrêtées.
Plus tôt dans la journée, des gerbes et des œillets ont été déposés à l’École polytechnique d’Athènes, où, en 1973, des chars avaient défoncé les grilles pour réprimer violemment les étudiants retranchés à l’intérieur. L’assaut avait fait plusieurs dizaines de morts et marqué un tournant décisif vers la fin du régime militaire.