Des étudiants serbes manifestent contre les pressions exercées par leur université après la tragédie de la gare (AP)
Des étudiants serbes manifestent contre les pressions exercées par leur université après la tragédie de la gare (AP)

Plusieurs milliers de manifestants venus de toute la Serbie ont rejoint dimanche les étudiants de Novi Pazar pour dénoncer ce qu’ils qualifient de pressions politiques exercées sur les universités publiques, dans un contexte de colère persistante après une tragédie meurtrière liée aux infrastructures du pays.

La mobilisation, inédite dans cette ville du sud-ouest de la Serbie à majorité musulmane bosniaque, s’inscrit dans une vague plus large de protestations étudiantes contre l’ingérence du pouvoir dans l’enseignement supérieur. Les manifestants accusent les autorités d’avoir sanctionné des étudiants et des enseignants pour leur participation à des rassemblements commémorant l’effondrement du toit d’une gare l’an dernier à Novi Sad, un drame qui avait fait 16 morts.

Depuis cet accident, devenu le symbole de dénonciations plus larges sur la corruption et la mauvaise gestion des infrastructures publiques, les universités sont au cœur de la contestation. À Novi Pazar, des étudiants affirment que l’administration universitaire a retiré le statut d’étudiant régulier à ceux qui s’étaient absentés pour participer aux manifestations, et licencié des dizaines de professeurs.

« Je suis venu ici pour soutenir les étudiants de Novi Pazar », a déclaré Momcilo Zelenbaba, venu de Jagodina, à près de 200 kilomètres au nord. « Environ 200 étudiants ont perdu leur statut et une trentaine de professeurs ont perdu leur emploi », a-t-il affirmé.

Les étudiants de Novi Pazar s’étaient déjà fait remarquer au niveau national après avoir marché plusieurs jours pour rejoindre les grandes manifestations organisées à Novi Sad à l’occasion du premier anniversaire de la catastrophe ferroviaire. Leur engagement a renforcé leur visibilité, mais, selon eux, les expose désormais à des mesures disciplinaires qu’ils jugent injustifiées.

Les autorités n’ont pas immédiatement réagi aux accusations portées par les manifestants. De nouvelles actions sont toutefois prévues dans plusieurs villes du pays, alors que le mouvement étudiant continue de réclamer la fin des pressions politiques sur les universités et des garanties pour la liberté académique.

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