Les parlementaires turcs impliqués dans le dossier du désarmement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), organisation interdite en Turquie, ont annoncé vendredi leur intention d’effectuer une première visite à Abdullah Öcalan, le dirigeant du mouvement emprisonné depuis 1999. La date de cette rencontre n’a pas encore été fixée, selon un communiqué du Parlement.
Cette initiative marque une évolution notable dans un dossier gelé depuis des années. Elle fait suite à un appel inattendu de Devlet Bahçeli, dirigeant du Parti d’action nationaliste (MHP) et allié ultranationaliste du président Recep Tayyip Erdoğan, qui a publiquement soutenu l’idée d’une visite à Öcalan. De son côté, Erdoğan a laissé entendre qu’il pourrait être disposé à ce qu’Öcalan s’exprime directement auprès des députés.
La perspective d’un échange avec le chef du PKK, détenu en isolement sur l’île-prison d’Imrali, ouvre la voie à une possible relance du processus politique, alors que le pays est confronté à un regain de tensions sécuritaires. Les autorités turques ont indiqué vouloir explorer toutes les pistes susceptibles de favoriser un désarmement durable.
La dernière tentative de paix, engagée dans les années 2010, s’était effondrée en 2015, laissant place à un conflit meurtrier dans le sud-est du pays ainsi qu’à de multiples opérations militaires turques contre les positions du PKK en Irak et en Syrie. La démarche annoncée vendredi pourrait constituer un premier test pour évaluer la volonté des deux camps de rétablir un dialogue, dans un climat toujours sensible sur le plan politique et sécuritaire.