Des colons israéliens ont agressé samedi un groupe de villageois palestiniens, de militants et de journalistes lors d’une récolte d’olives près du village de Beita, au sud de Naplouse, en Cisjordanie occupée. Selon des témoins, les assaillants, armés de bâtons et de pierres, ont blessé plusieurs personnes, dont deux employés de Reuters : la photographe Raneen Sawafta et son conseiller en sécurité, Grant Bowden.
Les images diffusées montrent Bowden évacuant Sawafta après l’attaque, qui s’est produite à proximité d’un avant-poste de colons. Les deux journalistes, clairement identifiables grâce à leurs casques et gilets marqués « Presse », ont été violemment frappés avant d’être évacués vers un hôpital de Naplouse. Leur matériel a été détruit. D’autres participants à la récolte ont également été blessés.
Un militant israélien des droits humains, Jonathan Pollak, témoin de la scène, a déclaré qu’une cinquantaine de colons masqués avaient pris part à l’attaque. « Ils ont battu Raneen sans pitié, la lapidant alors qu’elle était au sol, puis s’en sont pris à ceux qui tentaient de lui venir en aide », a-t-il raconté, précisant que les agresseurs criaient en hébreu : « Allez-vous-en ! »
L’armée israélienne a indiqué avoir envoyé des soldats sur place après avoir été informée d’une « confrontation », tout en affirmant condamner « tout acte de violence ». Des témoins ont toutefois affirmé qu’aucun militaire n’était présent lors de l’attaque. La police israélienne et le Conseil régional de Samarie, représentant les colonies locales, n’ont pas commenté l’incident.
Dans un communiqué, Reuters a appelé les autorités israéliennes à « enquêter sur cet incident, traduire les responsables en justice et garantir la sécurité des journalistes ».
Les violences commises par des colons en Cisjordanie ont fortement augmenté depuis le début de la guerre à Gaza, il y a deux ans. D’après un rapport de l’ONU publié vendredi, au moins 264 attaques de colons contre des Palestiniens ont été recensées en octobre un record depuis le début du suivi de ces incidents en 2006. Les organisations israéliennes de défense des droits humains dénoncent depuis longtemps l’impunité quasi totale dont bénéficient les auteurs de ces violences.