Des chambres mises en vente, symptôme d’une crise du logement qui s’aggrave en Europe
Des chambres mises en vente, symptôme d’une crise du logement qui s’aggrave en Europe

Face à la flambée des prix de l’immobilier et à la pénurie de logements abordables, de nouveaux modèles émergent en Europe, dont la vente de chambres individuelles en colocation – un phénomène qui illustre la profondeur de la crise du logement.

À Barcelone, la start-up Habitación.com propose d’acheter non pas un appartement entier, mais une chambre au sein d’un bien partagé. Son cofondateur et PDG, Oriol Valls, mise sur un système de mise en relation entre colocataires basé sur des tests de compatibilité afin de limiter les conflits et sécuriser l’investissement.

Ce modèle, qui aurait semblé marginal il y a encore quelques années, répond à une réalité de plus en plus pressante : dans de nombreuses grandes villes européennes, les jeunes actifs et les ménages modestes sont exclus de la propriété classique, tandis que les loyers absorbent une part croissante des revenus.

Au Royaume-Uni, des produits hypothécaires sont désormais conçus spécifiquement pour financer l’achat partiel d’un bien, signe que le marché s’adapte à une demande fragmentée. Dans d’autres pays, la multiplication des colocations de longue durée transforme en profondeur la manière d’habiter, brouillant la frontière entre investissement immobilier et cohabitation contrainte.

Pour ses promoteurs, la vente de chambres constitue une solution pragmatique à court terme, permettant d’accéder à la propriété avec un apport plus faible. Pour ses détracteurs, elle révèle surtout l’échec des politiques publiques à garantir un logement accessible et risque d’ancrer durablement une forme de précarité résidentielle au cœur des métropoles européennes.

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