La saisie par Washington d’un pétrolier vénézuélien cette semaine fait peser un risque majeur sur l’approvisionnement énergétique de Cuba, déjà confrontée à une crise profonde marquée par des pénuries chroniques et des coupures d’électricité prolongées. L’île dépend largement du Venezuela pour combler son déficit énergétique, et la perte d’une partie de ces livraisons pourrait accentuer l’effondrement de son réseau électrique vieillissant.
Le pétrole vénézuélien aurait couvert près de la moitié des besoins non satisfaits par la production cubaine. Une perturbation durable de ces flux pourrait donc aggraver les difficultés du pays à maintenir un niveau minimal de production et de services essentiels. Les pannes tournantes, devenues quotidiennes et parfois longues de plusieurs heures, ont déjà réduit la productivité et exacerbé la frustration de la population.
Le président Miguel Diaz-Canel a dénoncé la saisie, qualifiant l’action américaine de « piraterie ». Les autorités cubaines affirment qu’une telle décision met en péril la stabilité énergétique de l’île et s’inscrit dans une politique d’hostilité historique de Washington.
Pour tenter d’atténuer l’impact de cette situation, Cuba prévoit d’accélérer la construction de parcs solaires et d’autres projets d’énergie renouvelable. Mais ces initiatives nécessitent du temps, des investissements et un environnement technique fiable, autant de ressources dont le pays manque cruellement.
Alors que les tensions géopolitiques autour du pétrole vénézuélien s’intensifient, Cuba se retrouve une nouvelle fois vulnérable face à des dynamiques sur lesquelles elle exerce peu de contrôle, et qui pourraient précipiter une aggravation de sa crise énergétique et économique.