La Chine affirme que le Japon a envoyé un signal « choquant » et erroné à Taïwan
La Chine affirme que le Japon a envoyé un signal « choquant » et erroné à Taïwan

La Chine a suspendu la sortie de plusieurs films japonais sur son territoire, signe visible d’un durcissement diplomatique avec Tokyo après des déclarations controversées de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi au sujet de Taïwan. Selon la télévision d’État chinoise CCTV, cette décision a été prise par les distributeurs de films pour « respecter les sentiments du public » chinois, alors que le climat bilatéral s’est fortement détérioré ces dernières semaines.

Au moins deux productions japonaises, dont Crayon Shin-chan le film : Super chaud ! Les danseuses torrides de Kasukabe et Les cellules au travail !, adaptation cinématographique du manga éponyme, ne sortiront pas comme prévu dans les cinémas chinois. CCTV cite des vérifications auprès des importateurs qui ont confirmé que les sorties avaient été reportées sine die. Même des titres populaires comme Demon Slayer : Infinity Castle, pourtant bien accueillis au départ, ont vu leurs performances chuter brutalement après la déclaration de Takaichi.

Début novembre, la cheffe du gouvernement japonais avait affirmé devant le Parlement qu’une attaque de la Chine contre Taïwan pourrait justifier une riposte militaire japonaise si la sécurité du pays venait à être menacée. Ces propos ont provoqué une réaction immédiate et virulente de Pékin, qui les a qualifiés de provocateurs et inacceptables. Depuis, la Chine a émis un avis déconseillant à ses ressortissants de se rendre au Japon, et le Premier ministre chinois Li Qiang a fait savoir qu’il n’envisageait pas de rencontre bilatérale avec Takaichi en marge du sommet du G20 en Afrique du Sud.

Face à l’escalade, le Japon tente de calmer le jeu. Lundi soir, les dirigeants des trois principales fédérations patronales japonaises ont rencontré la Première ministre. À l’issue de l’entretien, Yoshinobu Tsutsui, président du Keidanren – le plus influent lobby économique du pays – a insisté sur la nécessité de maintenir un dialogue avec la Chine. « La stabilité politique est une condition préalable aux échanges économiques », a-t-il déclaré, rappelant les liens étroits mais fragiles entre les deux premières économies d’Asie.

La suspension des sorties cinématographiques japonaises en Chine intervient dans un contexte où la culture pop nippone, très populaire auprès du jeune public chinois, est devenue un vecteur sensible d’expression nationaliste. Pékin n’a pas officiellement interdit les films japonais, mais les décisions des distributeurs révèlent une pression implicite, voire une autocensure visant à éviter tout incident diplomatique supplémentaire.

Cette crise, l’une des plus graves entre les deux pays depuis plusieurs années, intervient alors que les tensions régionales autour de Taïwan se sont intensifiées, et que l’alliance américano-japonaise se resserre sous l’impulsion de l’administration Trump. Le différend sino-japonais, désormais visible jusque dans les salles de cinéma, illustre à quel point les rivalités géopolitiques peuvent rapidement déborder sur le terrain culturel et commercial.

Que retenir rapidement ?

La Chine a suspendu la sortie de plusieurs films japonais sur son territoire, signe visible d’un durcissement diplomatique avec Tokyo après des déclaration

Partager