La Corée du Nord a franchi un cap symbolique en dévoilant, via ses médias d’État, des images de ce qu’elle présente comme son premier sous-marin à propulsion nucléaire. Les photographies montrent Kim Jong Un inspectant un imposant bâtiment en construction dans un site fermé, laissant apparaître une coque presque achevée. Selon les autorités nord-coréennes, l’engin afficherait un déplacement d’environ 8 700 tonnes et serait destiné au lancement de missiles à capacité nucléaire.
Cette mise en scène intervient dans un contexte de rivalité régionale accrue, alors que Séoul a récemment obtenu le feu vert de Washington pour développer des sous-marins similaires. Pour Pyongyang, ce programme s’inscrit dans une stratégie de renforcement de la dissuasion face à ce qu’elle décrit comme des menaces extérieures persistantes.
Un chantier avancé, mais encore entouré d’incertitudes
Le fait que l’appareil soit présenté dans un hangar de construction, sans trace de mise à l’eau, suggère que le projet n’a pas encore atteint sa phase opérationnelle. Toutefois, des experts sud-coréens estiment que l’apparition d’une coque complète indique que les composants essentiels, moteur et systèmes internes, pourraient déjà être installés. La construction de sous-marins se faisant généralement de l’intérieur vers l’extérieur, cette étape traduirait un niveau d’avancement significatif.
Annoncé pour la première fois lors d’un congrès du parti au pouvoir en 2021, ce sous-marin constitue l’un des objectifs militaires de long terme du régime. S’il entrait en service, il offrirait à la Corée du Nord une capacité de frappe plus discrète et plus durable, capable de modifier l’équilibre stratégique dans la péninsule, même si de nombreuses questions subsistent sur la maîtrise technologique réelle de Pyongyang et ses sources d’approvisionnement.