Les procureurs britanniques ont affirmé mardi que le capitaine russe d’un porte-conteneurs n’avait « absolument rien fait » pour éviter une collision mortelle avec un pétrolier américain au large des côtes britanniques l’an dernier. Ces déclarations ont été faites à l’ouverture de son procès à Londres, où il est jugé pour homicide involontaire par négligence grave après la mort d’un membre d’équipage.
Vladimir Motin, 59 ans, commandait le porte-conteneurs Solong, battant pavillon portugais et en route vers Rotterdam, lorsqu’il a percuté le pétrolier américain Stena Immaculate, alors à l’ancre, le 10 mars 2025. Le pétrolier transportait plus de 220 000 barils de carburant d’aviation et attendait un poste d’amarrage lorsque l’impact a déclenché un important incendie qui s’est propagé aux deux navires.
Selon l’accusation, le Solong était sur une trajectoire de collision depuis plus d’une demi-heure et avançait à une vitesse d’environ 29 km/h. Les jurés ont visionné des images de l’accident et de ses conséquences, montrant de hautes flammes et une épaisse fumée noire s’élevant au-dessus des navires endommagés.
Vladimir Motin a été inculpé pour la mort de Mark Pernia, 38 ans, un marin philippin membre de l’équipage du Solong, dont le corps n’a jamais été retrouvé et qui est présumé décédé. Il a plaidé non coupable et comparaît devant le tribunal de l’Old Bailey. Le procureur Tom Little a affirmé que la mort de Pernia était « totalement évitable » et imputable à une conduite « extrêmement négligente ».
L’accusation a également indiqué que Motin était seul de quart sur la passerelle au moment des faits et que le système d’alarme du navire, censé vérifier la présence d’un officier à ce poste, avait été désactivé. Aucun avertissement n’aurait été transmis aux équipages des deux navires avant l’impact.
Les procureurs ont en outre évoqué des messages envoyés par le capitaine à son épouse après l’accident, dans lesquels il évoquait une « catastrophe » et se disait « coupable ». Selon l’accusation, ces échanges renforcent l’idée qu’il avait conscience de la gravité de son inaction. Le procès se poursuit devant les jurés, qui devront déterminer si cette négligence constitue un homicide involontaire au regard du droit britannique.