Le Bénin demeurait lundi dans l’incertitude après l’échec d’une tentative de prise de pouvoir menée par un groupe de militaires se faisant appeler le Comité pour la Refondation. Vingt-quatre heures après l’assaut mené contre la télévision publique, le meneur présumé, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, restait introuvable et plusieurs otages, dont des officiers supérieurs selon les autorités, n’avaient toujours pas été localisés.
Dimanche matin, Tigri était apparu à l’antenne avec sept soldats, annonçant la destitution du président Patrice Talon et la suspension des institutions. Mais l’opération a rapidement tourné court : appuyée par des moyens terrestres et aériens nigérians, l’armée béninoise a repris le contrôle de la capitale dans l’après-midi. Une douzaine de mutins ont été arrêtés tandis que d’autres ont pris la fuite, sans que leur nombre exact soit connu.
Le président Talon a condamné ce qu’il a qualifié « d’aventure insensée », assurant que la situation était désormais maîtrisée et promettant de punir les responsables tout en garantissant la sécurité des otages. Aucune indication n’a été donnée sur les pertes éventuelles ni sur l’identité des personnes retenues par les mutins avant leur déroute.
La communauté internationale a réagi rapidement. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé l’attaque contre l’ordre constitutionnel, tandis que le président nigérian Bola Tinubu a salué l’intervention de ses troupes, dépêchées à la demande de Cotonou. La Cedeao a annoncé l’envoi d’une force en soutien, composée notamment de soldats du Nigeria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et de la Sierra Leone, sans préciser son effectif.
À Cotonou, la situation restait calme lundi malgré un important déploiement militaire après les coups de feu sporadiques entendus la veille. Si le Bénin a connu une série de coups d’État dans les décennies suivant son indépendance, le pays vivait depuis plus de vingt ans sous un régime démocratique stable. Cette nouvelle tentative s’inscrit dans la vague de putschs qui secoue l’Afrique de l’Ouest depuis 2020, révélant une région toujours plus fragilisée par les crises politiques et les rivalités militaires.