Le Cameroun examine un projet de réforme constitutionnelle visant à réintroduire le poste de vice-président, une initiative qui ravive les interrogations sur la succession du chef de l’État Paul Biya, au pouvoir depuis plus de quatre décennies.
Le texte est actuellement étudié lors d’une session conjointe de l’Assemblée nationale et du Sénat. Il prévoit qu’un vice-président puisse assurer la continuité de l’État en cas de décès, de démission ou d’incapacité du président, dont le mandat s’étend sur sept ans.
Âgé de plus de 90 ans, Paul Biya est le plus ancien dirigeant en exercice au monde. Toute discussion publique sur son état de santé reste officiellement interdite, mais la question de la succession est devenue un sujet central dans le débat politique du pays.
Selon le projet de loi, le vice-président serait nommé et révoqué directement par le président, et ne pourrait exercer ses fonctions que pour la durée restante du mandat en cours. Il lui serait également interdit de modifier la Constitution ou de se présenter à une élection pendant cette période intérimaire.
Le gouvernement présente cette réforme comme un moyen de garantir la stabilité institutionnelle. Mais l’opposition y voit une nouvelle tentative de renforcer le pouvoir exécutif, dans un pays où les précédentes modifications constitutionnelles ont déjà suscité de vives critiques.
En 2008, la suppression de la limitation du nombre de mandats avait provoqué des manifestations d’ampleur nationale, violemment réprimées. Depuis, les inquiétudes persistent quant à l’équilibre des pouvoirs et au fonctionnement démocratique des institutions.
Avec une majorité écrasante du parti au pouvoir au Parlement, l’adoption du projet de loi apparaît probable. Cette réforme pourrait redessiner les mécanismes de succession à la tête de l’État et peser durablement sur l’avenir politique du Cameroun.
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