Google va construire trois câbles sous-marins à haute capacité en Papouasie-Nouvelle-Guinée, dans le cadre d’un projet financé par l’Australie en vertu d’un traité de défense mutuelle, a annoncé le gouvernement de ce pays du Pacifique. Présentée comme une modernisation essentielle des infrastructures numériques nationales, l’initiative s’inscrit aussi dans un contexte géopolitique de plus en plus tendu dans la région.
D’un montant estimé à 120 millions de dollars, le projet vise à relier par fibre optique le nord et le sud de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que la région autonome de Bougainville. Selon le ministre par intérim des Technologies de l’information et de la communication, Peter Tsiamalili, ces câbles permettront d’améliorer considérablement la connectivité, aujourd’hui limitée et coûteuse dans de nombreuses zones du pays.
Les autorités australiennes soulignent que ces infrastructures bénéficieront directement aux consommateurs, en réduisant les coûts d’accès à internet, tout en soutenant l’éducation, les services publics et le développement économique. Canberra voit également ce projet comme un investissement stratégique de long terme dans la stabilité et la résilience numérique de son voisin du nord.
La Papouasie-Nouvelle-Guinée occupe une position clé pour les stratèges australiens et américains. Riche en ressources naturelles mais encore largement sous-développée, elle est considérée comme un maillon essentiel de la sécurité régionale, alors que la Chine accroît son influence économique et diplomatique dans le Pacifique Sud.
Les câbles sous-marins sont devenus un enjeu central de rivalités géopolitiques entre grandes puissances. Ces infrastructures critiques transportent l’essentiel du trafic mondial de données et sont désormais perçues comme des actifs stratégiques, à la fois économiques et militaires. Ces dernières années, plusieurs projets concurrents ont opposé entreprises et gouvernements chinois, australiens et américains dans la région.
En confiant la construction des câbles à Google, financée par l’Australie dans un cadre de coopération militaire, la Papouasie-Nouvelle-Guinée affirme clairement son ancrage stratégique. Pour les autorités locales, il s’agit à la fois de réduire la fracture numérique et de renforcer les partenariats avec des alliés occidentaux, dans une région où la bataille de l’influence passe désormais aussi par les fonds marins.