Andrej Babis, vainqueur des élections législatives tchèques et chef du parti populiste ANO, a annoncé qu’il placerait son groupe commercial Agrofert dans une fiducie indépendante afin de pouvoir être nommé Premier ministre. Cette décision vise à répondre aux préoccupations liées au conflit d’intérêts auquel il serait exposé en dirigeant le gouvernement tout en contrôlant un vaste conglomérat actif dans l’agroalimentaire, l’industrie et les médias.
Le président tchèque, Petr Pavel, avait indiqué qu’il était disposé à nommer Babis dans un délai d’une semaine, à condition que ce dernier présente une solution claire pour éviter toute interférence entre son rôle politique et ses activités économiques. Âgé de 71 ans, Babis a assuré que la fiducie serait véritablement indépendante, même si ses détracteurs expriment depuis longtemps des doutes sur ce type de dispositif, qu’il avait déjà utilisé lors de précédents mandats.
Agrofert, l’un des plus grands groupes industriels du pays, est au cœur de nombreuses controverses politiques en République tchèque, notamment en raison des subventions publiques et européennes dont il bénéficie. La perspective de voir son propriétaire reprendre les rênes du gouvernement a relancé le débat national sur la transparence et l’intégrité au sein de l’exécutif.
La coalition récemment formée entre ANO, le SPD et les Automobilistes donne à Babis une majorité solide, mais sa nomination dépend désormais de la manière dont les autorités jugeront la nouvelle structure de fiducie. Pour l’instant, le président Pavel attend la formalisation des engagements pris par le futur Premier ministre, tandis que l’opposition continue de dénoncer des risques persistants d’influence économique au sommet de l’État.