Au Canada, un tournant pénal pour qualifier les féminicides
Au Canada, un tournant pénal pour qualifier les féminicides

Le gouvernement canadien s’apprête à durcir en profondeur son arsenal judiciaire face aux violences faites aux femmes. Un projet de loi prévoit d’inscrire explicitement le féminicide dans le Code criminel et de le classer parmi les crimes les plus sévèrement punis, indépendamment de toute préméditation.

Un crime requalifié au nom de la lutte contre les violences conjugales

Déposé au Parlement début décembre, le texte prévoit que le meurtre d’une femme commis dans un contexte de violence conjugale, sexuelle, d’exploitation ou de contrôle coercitif soit automatiquement qualifié de meurtre au premier degré. Une telle qualification entraînerait une peine de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant vingt-cinq ans, un régime jusque-là réservé notamment aux assassinats de policiers ou d’agents pénitentiaires.

Cette réforme s’appuie sur un constat alarmant : près de 200 femmes ont perdu la vie au Canada en 2024 dans des contextes de violences de genre, selon des observatoires indépendants. Si le projet fait largement consensus sur le plan politique et est salué par de nombreuses associations, certaines voix s’inquiètent toutefois d’un durcissement symbolique qui ne répondrait pas suffisamment aux enjeux de prévention et de détection en amont des violences.

Partager