Le Kazakhstan a exhorté mercredi les États-Unis et l’Europe à contribuer à la sécurisation du transport de pétrole en mer Noire, après une série d’attaques de drones visant des pétroliers se dirigeant vers un terminal clé sur la côte russe. Astana estime que la multiplication de ces incidents fait peser des risques croissants sur des infrastructures énergétiques vitales pour l’approvisionnement mondial.
Selon le ministère kazakh des Affaires étrangères, au moins trois pétroliers ont été touchés mardi alors qu’ils se rendaient au terminal maritime du Consortium de l’oléoduc caspien (CPC) en mer Noire. Parmi eux figurait un navire affrété par le groupe pétrolier américain Chevron. Le terminal CPC, situé sur la côte russe, gère environ 1 % de l’approvisionnement mondial en pétrole.
Ces attaques surviennent après un précédent incident le 29 novembre, lorsque des drones avaient endommagé des équipements d’exportation du CPC, entraînant une baisse temporaire des volumes exportés par cette voie stratégique. « La fréquence croissante de tels incidents souligne les risques croissants qui pèsent sur le fonctionnement des infrastructures énergétiques internationales », a déclaré le ministère kazakh dans un communiqué.
Astana appelle ainsi ses partenaires occidentaux à « coopérer étroitement afin d’élaborer des mesures communes visant à prévenir de tels incidents à l’avenir ». Le Kazakhstan dépend fortement de cette route maritime, le CPC représentant à lui seul environ 80 % de ses exportations de pétrole.
De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé que le pétrolier Matilda, battant pavillon maltais, avait été attaqué par deux drones de combat ukrainiens à environ 100 kilomètres de la ville russe d’Anapa, dans la région de Krasnodar. L’Ukraine n’a pas commenté ces accusations.
Le pipeline CPC, long d’environ 1 500 kilomètres, compte parmi ses actionnaires la compagnie nationale kazakhe KazMunayGas, le groupe russe Lukoil ainsi que des filiales de Chevron et d’ExxonMobil. Plus largement, les terminaux russes de la mer Noire traitent plus de 2 % du pétrole brut mondial, faisant de cette zone un axe énergétique et logistique crucial, également essentiel au transport des céréales.
Dans un contexte de guerre prolongée entre la Russie et l’Ukraine, la sécurité en mer Noire apparaît ainsi de plus en plus fragile, avec des répercussions potentielles bien au-delà de la région, sur les marchés de l’énergie et la stabilité des échanges internationaux.