L’Arabie saoudite a exécuté 340 personnes depuis le début de l’année 2025, établissant un nouveau record, selon un décompte de l’AFP fondé sur les annonces officielles. Ce chiffre dépasse le précédent sommet de 338 exécutions enregistré en 2024, faisant du royaume l’un des pays recourant le plus massivement à la peine capitale dans le monde, derrière la Chine et l’Iran. Les dernières exécutions annoncées concernent trois ressortissants saoudiens condamnés pour meurtre, exécutés à La Mecque.
La lutte antidrogue au cœur de l’explosion des condamnations
Selon les organisations de défense des droits humains, cette hausse est largement liée à la campagne lancée en 2023 contre le trafic de stupéfiants, en particulier le captagon, une amphétamine très répandue au Moyen-Orient. Depuis janvier, 232 exécutions sont liées à des affaires de drogue, soit la majorité des condamnations recensées. Les étrangers sont particulièrement touchés : 193 ressortissants non saoudiens ont été exécutés en 2025, dont 182 pour des infractions liées aux stupéfiants, dans un pays qui accueille des millions de travailleurs migrants.
Cette politique suscite de vives critiques internationales. Amnesty International et Reprieve dénoncent des exécutions qui concernent majoritairement des crimes non violents, en contradiction avec le droit international, qui réserve la peine capitale aux crimes les plus graves. Si les autorités saoudiennes affirment que toutes les voies de recours sont épuisées avant chaque exécution et que la peine de mort est nécessaire au maintien de l’ordre public, les défenseurs des droits humains estiment que ce recours massif nuit à l’image de modernité que le royaume cherche à promouvoir à travers ses investissements économiques, touristiques et sportifs.