Dans l’est de l’Ukraine, les équipes de police chargées des évacuations parcourent les villages et les villes menacés par l’avancée russe, tentant de convaincre les habitants de quitter leurs foyers. Mais certains refusent de partir, malgré l’intensification des combats et les risques croissants liés aux bombardements et aux drones.
À Dobropillia, dans la région de Donetsk, Kateryna Lomova, 97 ans, s’accroche à sa maison délabrée alors que la ligne de front se déplace dangereusement à une quinzaine de kilomètres. Pelotonnée dans plusieurs couches de vêtements, elle repousse les appels pressants de sa famille et des policiers venus l’aider. Elle assure qu’elle quittera « peut-être une autre fois, mais pas maintenant », malgré les explosions régulières qui secouent les environs.
Pour les autorités locales, ces situations deviennent de plus en plus fréquentes. Après des années de bombardements, nombre d’habitants, souvent âgés ou isolés, préfèrent rester dans des lieux qu’ils connaissent, même au péril de leur vie. Les policiers de l’unité d’évacuation « Anges blancs » soulignent que convaincre ces personnes est l’une des tâches les plus difficiles, tant leur attachement à leur foyer demeure profond.
La progression des forces russes dans le Donbass renforce l’urgence de ces opérations. Moscou cherche à s’emparer de l’ensemble de la région industrielle, multipliant les assauts et les tirs d’artillerie. Dans ce paysage ravagé, les drones représentent une menace permanente, capables de frapper aussi bien les routes d’évacuation que les maisons restées debout. Mais malgré ces dangers, certains résidents continuent de refuser de partir, décidés à rester chez eux jusqu’au bout.