À Gaza, la rentrée scolaire se fait sous des tentes, à l’ombre de la « ligne jaune » AP
À Gaza, la rentrée scolaire se fait sous des tentes, à l’ombre de la « ligne jaune »

Assise à même le sol d’une tente exposée au froid hivernal, Toulin Al-Hindi, 7 ans, suit ses cours à quelques centaines de mètres seulement de la « ligne jaune », zone contrôlée par l’armée israélienne dans le nord de la bande de Gaza. Comme des centaines d’autres enfants déplacés, elle a repris le chemin de l’école après plus de deux ans de guerre, dans des conditions extrêmement précaires.

Toulin fait partie des quelque 400 élèves inscrits dans une école improvisée à Beit Lahiya, constituée de tentes en plastique dressées au milieu des ruines. À l’intérieur, les enfants, emmitouflés dans des manteaux, s’assoient par terre et utilisent des caisses en bois comme pupitres, tandis que les enseignants tentent de maintenir un semblant de normalité malgré les bruits réguliers de tirs et d’explosions.

Sa mère, Yasmine Al-Ajouri, confie vivre dans l’angoisse à chaque déplacement de sa fille. Elle lui répète de rester près des murs et de rentrer rapidement, consciente que la situation sécuritaire reste instable malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre.

Plus de la moitié du territoire de la bande de Gaza demeure sous contrôle israélien, et de vastes zones restent interdites aux civils. La majorité des bâtiments dans ces secteurs ont été détruits, forçant la population à se concentrer sur une portion réduite de l’enclave, où plus de deux millions de personnes vivent désormais dans des tentes ou des habitations endommagées, sous une administration dirigée par le Hamas.

Bien que les combats à grande échelle aient cessé, les forces israéliennes continuent d’ouvrir le feu sur des Palestiniens accusés de s’approcher de la zone tampon. Depuis l’entrée en vigueur de l’accord de cessez-le-feu, plus de 440 Palestiniens ont été tués, tandis que trois soldats israéliens ont également perdu la vie, selon les bilans communiqués par les autorités des deux camps.

Les enseignants expliquent avoir appris aux enfants à se coucher au sol dès qu’ils entendent des tirs. « Ce n’est pas sûr, mais c’est tout ce que nous pouvons faire », explique une responsable scolaire, soulignant que, pour ces élèves, l’accès à l’éducation se fait désormais sous la menace permanente du conflit.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, l’offensive israélienne a fait plus de 71 000 morts dans l’enclave depuis le début de la guerre, déclenchée par l’attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, qui avait causé environ 1 200 morts côté israélien.

Partager