Lors d’une intervention dans l’émission Les Incorrectibles, le député Charles Alloncle a relancé le débat sur les rémunérations des animateurs du service public. Selon lui, Nagui serait, sur la dernière décennie, la personne à s’être le plus enrichie grâce à l’argent public, avec des revenus cumulés se comptant en dizaines de millions d’euros. Pour rappel, Charles Alloncle est le rapporteur d’un commission d’enquête sur le financement et la gestion de l’audiovisuel public.
Le député a précisé : « Je pense, je vais parler au conditionnel, que Nagui est la personne sur les dix dernières années en France qui s’est le plus enrichie sur l’argent public. Plus que n’importe quel patron d’entreprise publique, plus que n’importe quel ministre ou président de la République, n’importe quel haut fonctionnaire. » Il a mis en avant le caractère exceptionnel de ces gains, soulignant qu’ils dépasseraient ceux des plus hauts responsables de l’État ou des entreprises publiques.
La double casquette d’animateur et producteur, une mine d’or pour Nagui
Charles Alloncle a expliqué que le modèle économique des jeux télévisés explique en partie ces revenus élevés. Les émissions produites par Nagui lui permettent de cumuler les rôles d’animateur et de producteur, ce qui maximise ses revenus. Les jeux sont particulièrement rentables car ils ne sont pas liés à l’actualité : plusieurs épisodes peuvent être enregistrés sur une seule journée, ce qui permet de réduire considérablement les coûts techniques et d’augmenter les marges. « Vous pouvez enregistrer, par exemple, sur une journée sept, huit ou neuf numéros. Vous faites appel à des techniciens, mais eux, vous ne les payez qu’une journée. Vous pouvez donc mutualiser les coûts de manière incroyable », a-t-il précisé.
Selon Charles Alloncle, ces contrats font de Nagui un acteur incontournable de France Télévisions, non seulement à l’antenne, mais également en coulisses grâce à sa société de production. L’ampleur des revenus tirés de ces programmes reste exceptionnelle, avec des gains qui se chiffrent en millions d’euros sur les dernières années.
À noter que l’enjeu dépasse le simple cas de Nagui, puisque la commission souhaite établir un cadre plus clair pour le financement et la rémunération des animateurs, dans le respect de l’intérêt général et de la mission de service public.