La polémique enfle autour de Pierre-Emmanuel Barré après ses propos incendiaires assimilant la police et la gendarmerie à « Daech avec la sécurité de l’emploi ». Dans une France où les forces de l’ordre sont régulièrement prises pour cibles, verbales comme physiques, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a décidé de saisir la justice afin que ces accusations, jugées « inqualifiables », ne restent pas impunies. Les syndicats policiers dénoncent des propos « immondes », tenus en pleine commémoration des attentats du 13 novembre, alors que le pays rend hommage à ceux qui ont justement donné leur vie pour protéger les Français.
La liberté d’expression ne justifie pas l’insulte
Radio Nova, où la chronique a été diffusée, se retranche derrière la « liberté d’expression », rappelant que la satire doit pouvoir exister. Certes, une démocratie doit tolérer la critique, même acerbe, mais faut-il pour autant banaliser les comparaisons les plus outrancières, celles qui placent sur le même plan les armées de la République et une organisation terroriste responsable de massacres sur notre sol ? La radio assume et refuse « toute menace », mais l’humoriste, lui, franchit une ligne rouge : celle qui sépare la caricature de l’insulte gratuite contre ceux qui risquent leur vie au quotidien.
Alors que la société française demeure divisée et vulnérable, réduire la police et la gendarmerie à une bande de criminels revient à affaiblir un pilier essentiel de l’ordre public. Le débat sur la liberté d’expression mérite mieux que ces outrances répétées, qui ne font qu’alimenter un climat de haine et jeter l’opprobre sur des milliers de femmes et d’hommes engagés au service de la nation.