La nomination d’un conseiller d’extrême gauche à l'ARCOM ravive la polémique sur son manque de neutralité. (Sénat)
La nomination d’un conseiller d’extrême gauche à l’ARCOM ravive la polémique sur son manque de neutralité. (Sénat)

La neutralité de l’ARCOM est de nouveau au centre des interrogations après la nomination de Foued Berahou, un militant politique affiché, ouvertement antifasciste et opposé à Vincent Bolloré. Ce choix a provoqué un malaise lors de l’audition du président de l’ARCOM, Martin Ajdari, devant une commission parlementaire chargée d’évaluer le fonctionnement et l’impartialité du régulateur audiovisuel.

L’audition tendue de Martin Ajdari

Martin Ajdari a été entendu pendant deux heures par les parlementaires. Les questions ont été particulièrement insistantes, notamment de la part de Charles Alloncle, membre du groupe UDR d’Éric Ciotti, qui a interrogé le président sur la possible différence de traitement par l’ARCOM entre les médias publics et certaines chaînes privées liées à Vincent Bolloré, comme CNews ou C8, dont la fréquence n’a pas été renouvelée.

Lors de l’audition, la polémique autour de l’affaire Legrand-Cohen a également été évoquée. Cette affaire, qui avait provoqué un scandale après la diffusion d’une vidéo montrant deux éditorialistes au restaurant avec des responsables du PS, a conduit Martin Ajdari à déclarer qu’il faudrait être “sourd ou aveugle pour ne pas voir l’émoi”, qu’il a qualifié de “manifeste”.

La nomination de Foued Berahou interroge

La principale polémique a éclaté lorsque la commission a abordé la décision de nommer Foued Berahou comme membre de l’ARCOM Paris. La décision n° 2025-476, datée du 23 juillet 2025, précise que sa nomination prend effet du 28 août 2025 au 30 août 2029.

Ce choix est particulièrement contestable car Foued Berahou se présente publiquement comme un militant « antifasciste » (donc d’extrême gauche) et anti-Bolloré sur ses publications sur X, ce qui a été jugé préoccupant par certains députés. Ils soulignent que l’intégration d’un membre à position politique très marquée pourrait compromettre la neutralité de l’ARCOM, déjà très fortement contestée dans le cadre de décisions concernant la non-reconduction de fréquences pour des chaînes de la sphère Bolloré.

De nouvelles interrogations sur le pluralisme et l’impartialité de l’ARCOM

Au cours de l’audition, les députés ont insisté sur la nécessité pour l’ARCOM de garantir un traitement impartial des médias publics et privés, et de veiller au respect du pluralisme. Les tensions sont apparues lorsque Martin Ajdari a défendu la capacité de l’ARCOM à évaluer le respect des obligations légales en matière d’information, tout en reconnaissant les critiques et l’émoi suscité par certaines affaires médiatiques récentes.

Un contexte sensible pour l’audiovisuel public

Cette audition ravive les scandales actuels de l’audiovisuel français. Les critiques autour de la non-reconduction des fréquences de C8 ou CNews, et la nomination d’un conseiller affichant une position d’extrême gauche et anti-Bolloré démontrent une nouvelle fois, s’il en était besoin, le manque de neutralité du régulateur et interroge sur sa capacité à rester impartial face aux grands groupes médiatiques et aux influences politiques.

Alors que la commission parlementaire poursuit ses auditions, le débat sur la régulation de l’audiovisuel et l’indépendance de l’ARCOM demeure au centre des préoccupations, avec un risque accru de contestation sur ses décisions à venir.

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