Invité dans TBT9, sur W9, Julien Courbet a livré un témoignage accablant sur ses années passées à France Télévisions. Aujourd’hui figure de M6, il a décrit une manière de travailler qu’il considère comme éloignée des standards d’indépendance attendus d’un groupe audiovisuel public. Ses propos arrivent alors que France Télévisions est déjà sous le regard attentif d’une commission d’enquête parlementaire, chargée d’examiner son fonctionnement interne et son degré de neutralité.
« Je n’en garde pas un bon souvenir » : le bilan amer de son passage à France 2
Julien Courbet explique que son expérience à France 2 n’a rien à voir avec celle qu’il a connue dans le secteur privé. Il affirme ne pas conserver « un bon souvenir » de la chaîne publique et se remémore la fluidité des échanges lorsqu’il travaillait avec TF1. Il cite notamment un entretien passé avec l’ancien dirigeant Étienne Mougeotte, à qui il avait présenté un concept validé « en 35 secondes », signe selon lui d’un environnement de décision plus direct et plus réactif.
Des pratiques officieuses qui suscitent l’interrogation
L’animateur révèle que certains échanges avec France 2 suivaient une logique qui l’avait surpris. Lorsqu’il présentait un projet, il se serait vu demander si « par hasard, [il connaissait] un ministre », une question que ses interlocuteurs justifiaient en expliquant que cela « aidait pour le dossier ». Pour Julien Courbet, cette première interrogation illustrait un fonctionnement où les relations politiques semblaient, selon lui, peser davantage que la valeur du projet lui-même.
Ces propos rejoignent certaines préoccupations déjà soulevées dans des rapports institutionnels, notamment par la Cour des comptes ou l’ARCOM, qui ont régulièrement examiné les processus de décision et les choix stratégiques du groupe public.
Une commission d’enquête mobilisée sur plusieurs fronts
Les déclarations de Julien Courbet interviennent alors qu’une commission d’enquête, créée le 28 octobre 2025 à l’Assemblée nationale à l’initiative du groupe Union des droites pour la République, se penche précisément sur la neutralité, la gouvernance et le financement de l’audiovisuel public. Cette commission, composée de trente députés et d’un élu non inscrit, s’est donné pour objectif d’examiner les mécanismes de décision qui président à la construction des grilles, d’évaluer la transparence des pratiques internes, d’identifier d’éventuelles influences extérieures et de passer au crible l’usage des budgets alloués à France Télévisions.
Ses travaux s’appuient notamment sur les rapports de la Cour des comptes, les contributions de l’ARCOM et les auditions publiques déjà menées par les commissions parlementaires en charge des affaires culturelles.
Des déclarations qui pourraient nourrir les futures auditions
Même s’il s’agit du récit d’une expérience individuelle, les propos de Julien Courbet pourraient alimenter les réflexions des parlementaires dans les semaines à venir. Ils entrent en résonance avec un débat déjà vif autour de l’indépendance éditoriale du groupe public, souvent évoquée par des spécialistes des médias et par plusieurs anciens cadres auditionnés par les institutions. Alors que la commission poursuit ses travaux, ce témoignage ajoute une nouvelle pièce à un dossier qui n’a pas fini de susciter interrogations et analyses.