Plus d’un an après son éviction très médiatisée de France Inter, Guillaume Meurice retrouve ce mercredi son ancien employeur, cette fois devant les prud’hommes de Paris. L’humoriste, figure emblématique de la station pendant douze ans, conteste son licenciement pour faute grave prononcé en juin 2024. À l’origine de cette rupture, une chronique comparant Benyamin Netanyahou à « une sorte de nazi mais sans prépuce », déclenchant une tempête politique, médiatique et interne sans précédent. S’ensuivront une avalanche de réactions indignées, une mise en garde de l’Arcom et un avertissement disciplinaire, que Meurice avait promis de contester.
Une bataille qui mêle liberté d’expression et gestion interne
Si l’affaire semblait s’être apaisée après l’avertissement, elle rebondit brutalement en avril 2024. Le parquet classe sans suite les plaintes pour antisémitisme, et Guillaume Meurice, dans une nouvelle chronique, rappelle la décision pour justifier la légitimité de ses propos. La direction de Radio France considère alors qu’il ravive volontairement la polémique et franchit une ligne rouge en instrumentalisant l’antenne. En mai, il est suspendu puis licencié pour faute grave. L’entreprise évoque une « déloyauté répétée » et reproche aussi à l’humoriste certaines déclarations publiques jugées dénigrantes envers Radio France, notamment durant la promotion de son livre consacré à l’affaire.
Devant les prud’hommes, Meurice entend renverser la table. Son avocat, Hugues Dauchez, devrait s’appuyer à la fois sur la liberté d’expression de l’humoriste et sur un argument explosif : l’abus de CDD d’usage. Selon lui, 249 contrats temporaires ont été signés en douze ans, un usage massif qui pourrait conduire le tribunal à requalifier la relation de travail en CDI. Une telle décision ouvrirait la voie à des rappels de salaires significatifs et à la possible annulation du licenciement.
L’audience de ce mercredi dépasse largement le cas Meurice. Elle interroge la place de la satire dans le service public, la frontière entre humour et provocation à l’heure des tensions géopolitiques, et la manière dont Radio France gère ses talents contractuels. Le jugement, très attendu, pourrait créer un précédent dans un paysage médiatique déjà sous haute pression.