Le gouvernement britannique a annoncé que le statut de réfugié serait désormais accordé pour une durée de 30 mois renouvelable, au lieu de cinq ans, à compter de lundi pour tous les nouveaux demandeurs d’asile. Cette réforme s’inscrit dans la volonté affichée de durcir la politique migratoire.
La protection pourra être prolongée pour les personnes toujours considérées en danger dans leur pays d’origine. En revanche, celles dont le pays sera jugé redevenu « sûr » devront y retourner, précise le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.
Une réforme inspirée du modèle danois
Jusqu’à présent, les réfugiés bénéficiaient d’une protection de cinq ans, avec la possibilité de faire venir leur famille et d’obtenir ensuite un permis de résidence permanente quasi automatique. Le Home Office souligne que ce dispositif figurait parmi les plus généreux d’Europe de l’Ouest.
La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, affirme que le Royaume-Uni continuera d’offrir un refuge aux personnes fuyant la guerre ou les persécutions, tout en estimant que le système d’asile ne doit pas constituer un « facteur d’attraction » encourageant les traversées dangereuses et alimentant les réseaux de passeurs.
Les mineurs non accompagnés continueront, eux, à se voir accorder un statut de réfugié d’une durée de cinq ans. Le gouvernement indique s’être inspiré du modèle danois, qui a fortement réduit le nombre de demandes d’asile ces dernières années.
Vers un accès plus tardif à la résidence permanente
Cette mesure avait été annoncée en novembre dans le cadre d’une réforme plus large de la politique d’asile, destinée notamment à dissuader les arrivées par petites embarcations via la Manche. D’autres dispositions doivent encore être soumises au Parlement.
Le projet prévoit notamment que les réfugiés devront attendre jusqu’à 20 ans avant de pouvoir obtenir un permis de résidence permanente.
En 2025, 100.625 demandes d’asile ont été enregistrées au Royaume-Uni, en légère baisse par rapport au record de 2024 (108.138). En revanche, les arrivées irrégulières ont continué d’augmenter, atteignant 46.497 personnes, soit une hausse de 7 % sur un an.