En 2025, des milliers de personnes ont perdu la vie en tentant de gagner l’Espagne par la mer, malgré une nette diminution des passages irréguliers. Selon un rapport associatif publié en fin d’année, 3 090 migrants sont morts entre janvier et la mi-décembre, un bilan en baisse par rapport à l’an dernier, mais qui souligne la persistance de routes extrêmement périlleuses.
Des itinéraires moins fréquentés mais plus risqués
La majorité des décès recensés s’est produite sur l’axe de l’Atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries, une traversée réputée pour sa dangerosité. Si les arrivées sur l’archipel ont globalement diminué, les observateurs notent l’émergence de trajets plus longs, notamment depuis la Guinée, exposant davantage les migrants aux naufrages. Les données recueillies, fondées sur des témoignages familiaux et des statistiques de secours, concordent avec celles des autorités espagnoles, qui font état d’une chute de plus de 40 % des entrées irrégulières sur un an.
Parmi les victimes figurent plusieurs centaines d’enfants et de femmes, la quasi-totalité des morts ayant été enregistrée en mer. En parallèle, une hausse des départs depuis l’Algérie a été observée vers les Baléares, une route autrefois marginale mais devenue plus mortelle en 2025. Pour les ONG, la baisse globale des arrivées s’explique en partie par le renforcement des contrôles migratoires en amont, financés par l’Europe dans plusieurs pays de départ, repoussant toujours plus loin la frontière sans faire disparaître les risques humains.