Dans le Sud-Est, le mouvement a pris une ampleur comparable
Dans le Sud-Est, le mouvement a pris une ampleur comparable

La tension monte dans le monde agricole. Une cinquantaine d’agriculteurs de la Coordination rurale (CR) ont mené, jeudi 23 octobre, une action coup de poing à Toulouse pour dénoncer la politique d’abattage systématique des cheptels atteints par la dermatose nodulaire contagieuse. Le mouvement, soutenu par la Confédération paysanne, conteste la stratégie d’éradication mise en œuvre par le gouvernement.

Une occupation symbolique et tendue

Les éleveurs ont investi dans l’après-midi les locaux de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) de Haute-Garonne, service chargé de la surveillance sanitaire des élevages. Leur exigence : obtenir un contact direct avec la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. « On demande simplement trois minutes de son temps. L’abattage n’a pas de sens pour une maladie qui tue moins de 5 % des animaux infectés », a déclaré Pierre-Guillaume Mercadal, porte-parole de la CR du Tarn-et-Garonne. Après deux heures de discussion avec les responsables de la DDPP et de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt (Draaf), les représentants syndicaux ont refusé de quitter les lieux. L’évacuation s’est finalement déroulée dans le calme, peu avant 18 heures, sous la surveillance de plusieurs dizaines de CRS. Le préfet de région, Pierre-André Durand, a dénoncé dans un communiqué un « mode d’action inacceptable », rappelant que la Coordination rurale avait déjà été reçue en préfecture la semaine précédente pour évoquer ce dossier.

Une colère qui gagne les campagnes

La dermatose nodulaire contagieuse, transmise par des insectes, provoque des lésions cutanées chez les bovins et affaiblit leur état général. Apparue cet été en Savoie, la maladie s’est ensuite propagée au Jura et aux Pyrénées-Orientales. Pour tenter d’enrayer sa progression, le ministère de l’Agriculture a opté pour une stratégie radicale : l’abattage intégral des troupeaux infectés, accompagné d’indemnisations. Une mesure jugée « disproportionnée » par la Coordination rurale et la Confédération paysanne, qui estiment qu’une approche vaccinale serait plus appropriée. « Si on veut forcer un éleveur à abattre son cheptel, on sera des centaines à se rendre sur place pour le défendre », a prévenu Pierre-Guillaume Mercadal. La présidente de la CR, Véronique Le Floc’h, et le secrétaire général, Christian Convers, étaient d’ailleurs reçus le même jour à Paris par la ministre Annie Genevard pour discuter du dossier. Cette dernière maintient la ligne gouvernementale, tout en promettant un accompagnement humain et financier aux éleveurs concernés. Mais sur le terrain, la défiance grandit. Pour de nombreux agriculteurs, ces abattages représentent une double peine : la perte du troupeau et la destruction d’années de sélection et de travail. À Toulouse, leur mobilisation entendait rappeler qu’avant d’être une question sanitaire, la dermatose nodulaire est devenue un symbole du malaise profond du monde rural.

Que retenir rapidement ?

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